Début d'année calme sauf pour les matières premières
Le marché des changes n'a pas encore connu beaucoup de rebondissements depuis le début de l'année. Comparé aux cours de clôture de 2025, l’euro a fluctué de moins de 1 % par rapport aux différents dollars (USD, CAD, NZD, AUD), aux principales autres devises du continent européen (GBP, SEK, NOK, CHF, CZK, HUF, PLN, TRY) et au yen japonais. L’exception pour confirmer la règle ? L'appréciation du yuan. Globalement, les anticipations en matière de politique monétaire sont plus ou moins figées, avec une pause prolongée comme fil rouge. Ceux qui anticipaient des dernières baisses ou un premier relèvement ont majoritairement été déçus. Le dollar américain souffre toujours d'un problème de crédibilité, mais les tensions géopolitiques mondiales continuent de peser sur ses concurrents.
Les courbes des taux se sont aplaties en Europe et aux États-Unis depuis le 31 décembre. Dans les deux cas, l’écart entre les taux à 2 ans et à 30 ans s’est réduit d’environ 10 points de base (pb). Mais il y a une nuance importante. Aux États-Unis, la partie courte de la courbe a augmenté d’environ 5 pb après que les chiffres du marché de l'emploi US ont définitivement fermé la porte à une quatrième baisse de taux consécutive de la Fed plus tard dans le mois. En Europe (taux swap), la partie courte s'est légèrement repliée après la publication de taux d’inflation légèrement plus favorables. La partie longue de la courbe a pour sa part perdu environ 10 pb après le test de solides niveaux de résistance à la fin de l’année dernière. Nous pensons au cap psychologique de 3 % pour le taux swap européen à 10 ans ou au seuil de 2,9 % pour le taux à 10 ans allemand. Les premières adjudications d’obligations souveraines de l’année se passent bien. Citons notamment l’obligation à 10 ans qui a rapporté 8 milliards d'euros au Trésor belge ou l'immense succès (plus de 120 milliards d'euros) rencontré par le nouvel emprunt à 20 ans en France. Nous considérons le mouvement observé sur la partie longue de la courbe comme une correction. D'un point de vue structurel, nous continuons à miser sur une hausse des taux d’intérêt à long terme due à un accroissement des primes de risque. À la fin de l’année dernière, par exemple, le taux d’intérêt à 10 ans réel allemand a atteint 1 % pour la première fois depuis 2011. L'office des statistiques allemand vient par ailleurs de confirmer que le chiffre de croissance est repassé dans le vert pour la première fois depuis 2022 l'année dernière. Et les effets du "bazooka budgétaire" seront encore plus visibles cette année.
Le sentiment vis-à-vis du risque sur les bourses demeure positif, malgré les incertitudes (géo)politiques. Les facteurs perturbateurs (Ukraine, Venezuela, Iran, Groenland, Trump vs. Powell, guerre tarifaire…) sont tellement nombreux qu’ils ont manifestment un effet paralysant. Pendant ce temps, rien ne bouge non plus sur le plan économique. On observe tout de même un mouvement de rotation. Le géant technologique Nasdaq (+1 %) et le S&P 500 (+1,2 %) sous-performent ainsi le Dow Jones industriel (+2.26 %), le Russell 2000 (petites entreprises américaines, +7 %) ou l’EuroStoxx 50 (+4 %).
Ce sont les marchés des matières premières, généralement moins sous les projecteurs, qui connaissent les plus fortes fluctuations en ce début d'année Les prix des métaux tels que l’étain (+33 %), l’argent (+25 %), l’aluminium (+7 %), le cuivre (+5 %) ou l’or (+3,5 %) sont en hausse. Les métaux précieux se positionnent, comme d'habitude, comme une alternative aux réserves en dollars US et une solution de protection contre l’inflation. Les autres métaux profitent pour leur part d'une forte demande (IA, électrification, etc.) et d’une offre limitée. Les prix de l’énergie progressent également. Le cours du baril de brut a ainsi grimpé de 5,5 % en raison des tensions géopolitiques (surtout en Iran). Les prix du gaz européen ont bondi de 15 % à cause des températures hivernales (qui devraient encore rester basses). Les stocks de gaz ont considérablement diminué (52 %) par rapport à la même période au cours des cinq dernières années (68 % en moyenne).
Début d'année calme sauf pour les matières premières