Bonnes nouvelles (inattendues) des PMI
Vu le contexte incertain, où le cadre de référence pour l’approvisionnement en énergie et autres matières premières du Moyen-Orient change en permanence, les données sont souvent déjà en partie obsolètes au moment de leur publication. Néanmoins, nous vous communiquons volontiers les indicateurs PMI optimaux de juillet. Le troisième trimestre la manifestement bien commencé, tant pour l’économie américaine qu’européenne. L’enquête a été menée entre le 9 et le 22 juillet, période de reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran et de l’incertitude quant à la réouverture (ou non) du détroit d’Ormuz ont donc repris. Il reste évidemment à déterminer dans quelle mesure les entreprises affrontent déjà ces nouveaux vents contraires. Ou peut-on espérer que le « nouveau » cessez-le-feu ramènera les prix de l’énergie à des niveaux plus favorables ? Pour les marchés, cela reste quoi qu’il en soit un exercice de vérification du « framework guidance », selon le déclarations de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, la semaine dernière.
L’indicateur général de l’UEM s’est amélioré de 50,0 à 51,9. Cela indique certes une croissance modeste, mais c’est la première fois en quatre mois que l’indice dépasse 50, la frontière entre croissance et contraction. Selon S&P, qui a conduit l’enquête, ce constat révèle un rythme de croissance de l’ordre de 0,3 % sur une base trimestrielle. La croissance concerne tant l’industrie manufacturière (52.0) que le secteur tertiaire (51.6). Nous avons assisté à une reprise timide des ordres et, pour la première fois cette année, à une croissance modeste de l’emploi. Les tensions sur les prix persistent tant du côté des intrants que des prix de vente, mais le rythme de la hausse a été plus lent qu’auparavant. Une éventuelle reprise reste tributaire d’une solution à la perturbation de l’offre provenant du Moyen-Orient. Il est encore tôt pour tirer des conclusions, mais le « nouveau » cessez-le-feu depuis ce week-end laisse espérer un maintien, du moins partiel, du message positif des indices des directeurs d’achats (PMI). Le pétrole affiche un cours proche de 87 $/baril, ce qui reste naturellement quelque peu éloigné des 70 $ du début du mois. Pour l’instant, le taux swap à 2 ans en euros tire encore un peu le frein. Un retour en dessous de 3% s’annonce difficile. Ici aussi, nous pouvons nous référer à la présidente de la BCE. Elle a en effet également indiqué qu’après la reprise du conflit, malgré l’accord-cadre en place, le marché pouvait être plus réticent à accueillir de bonnes nouvelles. (chat échaudé craint l’eau froide).
L’indice des directeurs d’achats américain indiquait lui aussi une accélération de la croissance au début du T3 (de 51,9 à 53,6, la meilleure en 8 mois). Une amélioration qui concernait uniquement le secteur tertiaire (de 51,2 à 53,6). L’industrie manufacturière a reculé d’un cran (intrant dégringolant de 56,2 à 53,6). Aux États-Unis, l’enquête S&P n’a pas constaté de baisse des tensions sur les prix. Ce qui n’est pas le cas des données officielles modérées de l’IPC pour juin. Au contraire. Un indicateur des délais de livraison a atteint son niveau le plus élevé depuis août 2022. La pression sur les coûts pour les entreprises a atteint son niveau le plus élevé depuis mai de l’année dernière et les entreprises répercutent à leur tour ces coûts. L’indicateur des prix de vente affiche également la plus forte hausse en près de quatre ans.
Demain, la Réserve fédérale américaine décidera de sa politique. Après ces taux d’inflation modérés de juin, le marché monétaire a légèrement revu à la baisse les prévisions de relèvement des taux d’intérêt ce mois-ci. Une probabilité de 35% d’un pas de 25 pdb est néanmoins toujours prise en compte. Septembre est encore entièrement anticipé. Dans la « post-forward guidance » annoncée par le gouverneur de la Fed, Kevin Warsh, le marché est devenu plus prudent pour exclure quelque chose à priori. Admis aux États-Unis, l’indicateur ISM (qui ne sera publié que la semaine prochaine) a plus de poids que les indices des directeurs d’achats. Néanmoins, ces derniers continuent de mettre en garde sur le fait que les taux d’inflation (américains) favorables de juin ne peuvent par définition être considérés comme acquis. Demain nous dira ce que la « Fed de Warsh » conclura.
Taux américain à 2 ans : correction (très) limitée malgré la baisse du prix du pétrole.