Belgique

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Mise à jour économique - avril 2021

Optimisme prématuré

Les dernières données publiées pour l'économie belge ont donné des raisons d'être optimiste. Après la nouvelle amélioration enregistrée en mars, le sentiment des consommateurs et des entreprises est revenu à un niveau plus élevé qu'avant le déclenchement de la crise pandémique. De plus, la perte effective de chiffre d'affaires subie par les entreprises belges a de nouveau légèrement diminué, comme l'indique l'enquête menée en mars par l'Economic Risk Management Group (ERMG). La plus forte amélioration du chiffre d'affaires a été enregistrée par les professions de contact non médicales, qui ont été autorisées à reprendre leurs activités (les coiffeurs le 13 février et la plupart des autres le 1er mars). Entre-temps, le marché du travail reste résistant malgré l'impact économique important de la crise sanitaire, le taux de chômage harmonisé belge s'établissant à 5,6% en janvier et à 5,7% en février, contre 5,8% en décembre.  

Il convient toutefois de rester prudent dans l'interprétation de ces données positives. Les enquêtes du mois de mars ont toutes été réalisées avant l'annonce des nouvelles mesures de confinement qui ont suivi l'aggravation du nombre d'infections (les professions de contact non médicales sont à nouveau fermées depuis le 24 mars et les achats non essentiels nécessitent des rendez-vous préalables). Les enquêtes ne reflètent donc pas nécessairement la dernière dynamique de la pandémie et risquent d'être à nouveau négatives en avril. En outre, l'impact attendu sur le chiffre d'affaires en 2021 et 2022 par les entreprises interrogées par l'ERMG s'est détérioré, probablement parce que la crise de la pandémie persiste plus longtemps que prévu. En ce qui concerne le marché du travail, il faut garder à l'esprit que de nombreuses personnes se trouvent encore dans le système du chômage temporaire. En février, leur nombre s'élevait à près de 400 000 (sans compter celles liées aux mauvaises conditions météorologiques), ce qui représente plus d'une personne sur dix employée dans le secteur privé. Il reste donc un énorme potentiel de chômage effectif pour de nombreuses personnes.

Si l'on examine les données concrètes, la dynamique des exportations a fortement diminué en janvier, comme prévu (voir figure BE1). La détérioration de l'environnement du commerce extérieur reflète fortement l'inversion de la constitution de stocks liée au Brexit au Royaume-Uni avant la date limite du 31 décembre, qui avait stimulé les exportations belges vers le Royaume-Uni au dernier trimestre de 2020. Il est probable que la contribution des exportations nettes au PIB sera négative au premier trimestre, ce qui pèsera sur la croissance du PIB en début d'année. Comme les restrictions liées au covid-19 resteront probablement en place pendant un certain temps encore, nous continuons de penser que la reprise de la demande intérieure restera modérée jusqu'au milieu de l'année au moins. Le scénario étant inchangé, nous avons maintenu les perspectives de croissance du PIB réel belge en 2020 et 2021 à 4,0% et 4,1% respectivement. Notre vision de l'inflation n'a pas changé non plus par rapport au mois dernier. Conformément aux prévisions, l'inflation harmonisée a fortement augmenté en mars pour atteindre 1,6 %, contre 0,3 % en février, suite à la forte hausse des prix du pétrole en glissement annuel.

Atterrissage en douceur du marché du logement

Les prix des logements en Belgique, sur la base des données harmonisées d'Eurostat, ont augmenté de 5,7 % en glissement annuel au 4e trimestre 2020, soit une croissance annuelle moyenne des prix de 4,2 % en 2020, plus forte que prévu. Ce chiffre est en hausse par rapport à la hausse des prix de 4,0 % enregistrée en 2019 (voir figure BE2). Il est toutefois sensiblement inférieur au chiffre 2020 publié précédemment par la Fédération des notaires de Belgique, (+5,8%, soit la hausse moyenne des prix des maisons et appartements pondérée par les transactions). La différence entre les deux s'explique par des définitions différentes. L'indice des prix des logements d'Eurostat mesure l'évolution des prix en supposant que les caractéristiques du bien vendu restent inchangées. Ainsi, contrairement aux données de la Fédération des notaires, l'indice mesure l'évolution réelle des prix sans interférence des changements qualitatifs. Récemment, la Fédération des notaires a publié une première estimation de l'évolution des prix en glissement annuel au premier trimestre 2021. Le chiffre (+2,0%) indique un net ralentissement du marché. Un atterrissage en douceur du marché immobilier belge en 2021-2022 reste notre scénario de base. Mais comme le marché semble se maintenir un peu mieux que ce que nous attendions, nous avons modifié les perspectives de prix des logements pour 2021 à +1,0%, contre -1,0% dans notre scénario de mars.

Les prévisions les plus récentes

Comptes nationaux (croissance réelle en %)

  2020 2021 2022
Consommation privée -8,7 3,8 5,5
Consommation publique -0,9 0,8 2,3

Investissements en capital fixe

-7,8 8,5 3,2

Investissements des entreprises

-8,2 6,6 4,8

Investissements publics

-4,6 11,0 2,4
Investissements en construction -8,1 5,7 2,4
La demande intérieure finale (hors variation des stocks) -6,7 4,2 4,2
Variation des stocks (contribution à la croissance) 0,8 0,0 0,0
Exportations de biens et de services -5,7 11,4 10,0
Importations de biens et de services -5,1 11,1 10,2
       
Produit intérieur brut (PIB) -6,3 4,0 4,1
       
Revenu disponible des ménages 0,5 0,7 1,7
Taux d'épargne brut des ménages (en % des revenus disponibles) 20,9 18,4 15,4

Indicateurs d'équilibre

  2020 2021 2022
Inflation (hausse annuelle moyenne, en %)      

Prix à la consommation 

0,4 1,8 1,5

Indice santé

1,0 1,3 1,5
       
Marché du travail      

Emploi intérieur (variation en cours d’année, en ‘000)

-22,3 -60,0 95,0

Taux de chômage (fin d’année, définition Eurostat)

5,8 7,2 6,9
       
Finances publiques (en % du PIB, avec les politiques actuelles)      

Solde de financement

-9,4 -7,2 -6,6

Dette publique

114,1 116,6 117,2
       
Comptes nationaux (croissance réelle en %) 0,1 0,4 -1,0
       
Prix des maisons (variation au cours de l’année, logements existants et nouveaux, en %) 4,2 1,0 1,5

Autres prévisions et mises à jour

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