Europe centrale et orientale

Europe centrale et orientale

Perspectives économiques pour l'Europe centrale et orientale

Prévisions économiques avril 2022

Impact économique de la guerre en Ukraine

L'évolution future de la guerre en Ukraine reste difficile à prévoir. À l'heure actuelle, nous ne pouvons exclure à l'avance aucune des nombreuses options possibles quant à la prochaine ligne de conduite de Poutine, allant d'un cessez-le-feu rapide à une nouvelle escalade par le déploiement de nouveaux types d'armes ou l'extension de la guerre aux pays voisins. Toutefois, malgré la durée encore relativement courte de la guerre jusqu'à présent, le large éventail de voies possibles et la nature hétérogène des conséquences pour les pays touchés, nous pouvons déjà identifier certaines différences dans l'impact sur les régions d'Europe occidentale et d'Europe centrale et orientale.

Avant même le déclenchement de la guerre en Ukraine, l'inflation des prix à la consommation dans les PECO était déjà plus élevée en moyenne que dans les pays d'Europe occidentale. Les raisons en sont multiples et sont à la fois internes (par exemple, des marchés du travail plus tendus) et externes (par exemple, une plus grande sensibilité des économies aux prix lors de la reprise de l'après-guerre froide). Les fortes impulsions inflationnistes supplémentaires provoquées par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, sous la forme d'une menace fortement accrue de pénuries d'approvisionnement en combustibles fossiles, mais aussi en certains autres produits de base et intrants de production, ont encore accéléré la hausse des prix dans la région des PECO. Les prix à la production augmentent à un rythme sans précédent, l'inflation des prix à la consommation a atteint un niveau à deux chiffres, les coûts de logement prennent une part de plus en plus importante des dépenses des ménages et on peut s'attendre à ce que les prix des denrées alimentaires continuent à augmenter dans un avenir prévisible.

Les Banques centrales des PECO qui ne sont pas membres de la zone euro sont sensibles aux risques associés à la perte imminente de l'ancrage des anticipations d'inflation. Ces Banques centrales augmentent rapidement leurs taux d'intérêt directeurs pour tenter d'atténuer les pressions inflationnistes en refroidissant la demande de l'économie. Comme il est désormais impossible de prédire avec certitude jusqu'où l'inflation des prix à la consommation peut grimper, ou quand et à quelle vitesse elle commencera à revenir à son niveau d'avant-guerre, il n'est pas facile de prévoir à quel niveau les hausses de taux des Banques centrales s'arrêteront, et quand. En outre, tôt ou tard, les Banques centrales commenceront à prendre davantage en compte le risque, qui semble jusqu'à présent relativement faible, qu'une politique monétaire toujours plus stricte n'entraîne une croissance économique négative, aggravant ainsi les tensions sociales au sein de la société et facilitant des évolutions politiques intérieures indésirables, telles que le renforcement des partis populistes et radicaux.       

Un phénomène spécifique que l'on peut observer dans la région des PECO depuis l'invasion russe de l'Ukraine est l'arrivée d'un nombre considérable de réfugiés en provenance du pays touché par la guerre. Plus de cinq millions et demi de personnes, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, ont déjà quitté l'Ukraine. La plupart de ces réfugiés ont trouvé refuge dans les pays voisins de la région PECO, où les États d'accueil leur fournissent un logement, un accès aux soins médicaux et à l'éducation. Créer les conditions d'une intégration réussie des réfugiés est un défi logistique et coûteux pour l'État, mais à moyen et long terme, cela permet non seulement de soutenir les réfugiés, mais aussi d'obtenir des avantages économiques. Les Ukrainiens sont relativement proches des Européens centraux, tant sur le plan culturel que linguistique, une importante minorité ukrainienne travaillant déjà dans la région avant la guerre. L'Union européenne a accordé aux réfugiés ukrainiens le statut de "protection temporaire", qui leur donne le droit de rester et de travailler dans les pays de l'Union. Le défi pour les gouvernements est d'éviter une situation où les sections les plus pauvres de la population autochtone en particulier, confrontées à une détérioration de la situation économique due à l'affaiblissement de la croissance économique, deviennent désillusionnées par l'approche du gouvernement visant à intégrer les nouveaux arrivants dans le système économique. Cela contribuerait à un affaiblissement de la cohésion sociale et pourrait introduire une cause supplémentaire pour le renforcement susmentionné du populisme et de l'extrémisme politiques.      

Par-dessus tout, en raison de son implication pendant des décennies dans le bloc économique et politique soviétique, la région des PECO est toujours sensiblement plus dépendante des importations de pétrole et de gaz russes que la plupart des pays d'Europe occidentale. Compte tenu de la situation géographique de la région et des exigences en termes de temps et d'argent pour modifier le réseau de pipelines existant, ce fait doit être pris en compte, entre autres, lors de l'élaboration des paquets de sanctions économiques de l'UE contre la Fédération de Russie. Il n'est pas surprenant que le sixième train de sanctions de la Commission européenne contre la Russie, qui doit inclure une interdiction des importations de pétrole en provenance de Russie, soit susceptible d'inclure un délai de plusieurs années pour la Hongrie et la Slovaquie, qui sont les plus dépendantes des importations de pétrole russe dans l'UE, ainsi qu'un délai maximum de deux ans et demi pour la République tchèque.

S'il est vrai que, pour diverses raisons, les PECO peuvent désormais couvrir une plus grande partie de leurs besoins énergétiques que les "anciens" pays de l'UE (à l'exception de la France) grâce à l'énergie nucléaire et au charbon, le remplacement rapide du gaz et du pétrole russes par ces deux sources n'est pas possible pour des raisons pratiques et n'est pas souhaitable compte tenu de la stratégie de l'UE visant à utiliser des énergies propres et à lutter contre le réchauffement climatique. On peut donc s'attendre à ce que l'objectif de renforcement de la sécurité énergétique dans l'aile orientale de l'Union européenne avec un minimum d'impacts négatifs sur l'environnement et le climat conduise dans la période à venir non seulement à des efforts d'optimisation des flux énergétiques au sein de l'UE, mais aussi à une augmentation substantielle des investissements liés à l'énergie dans la région des PECO. Cela ouvrirait la voie à une réduction plus rapide de l'intensité énergétique et à une restructuration plus rapide de la combinaison énergétique.

Les efforts déployés pour atténuer au moins les effets les plus néfastes des énormes hausses de prix et du resserrement brutal de la politique monétaire qui en découle, les dépenses financières massives pour faire face à l'afflux sans précédent de réfugiés, le soutien à la restructuration accélérée de la production et de la consommation d'énergie, et la nécessité d'une augmentation 

Tchéquie
  2021 2022 2023
Croissance du PIB réel (variation annuelle moyenne, en %) 3,3 1,8 3,1
Inflation (variation annuelle moyenne, en %, IPC harmonisé) 3,3 10,1 4,5
Taux de chômage (définition Eurostat)(fin de l'année, en % de la population active) 2,2 2,6 2,8
Solde budgétaire du gouvernement  (en % du PIB) -5,9 -5,6 -4,0
Dette publique brute (en % du PIB) 41,9 44,0 46,0
Balance des opérations courantes (en % du PIB) -0,6 -1,7 -0,2
Prix de l'immobilier (définition Eurostat)(variation annuelle moyenne en %, nombre total de logements) 19,7 5,0 2,5
    6/5/2022
Slovaquie
  2021 2022 2023
Croissance du PIB réel (variation annuelle moyenne, en %) 3,0 2,5 3,4
Inflation (variation annuelle moyenne, en %, IPC harmonisé) 2,8 8,5 7,6
Taux de chômage (définition Eurostat)(fin de l'année, en % de la population active) 6,6 6,3 6,2
Solde budgétaire du gouvernement  (en % du PIB) -6,2 -5,0 -4,0
Dette publique brute (en % du PIB) 63,1 65,0 62,0
Balance des opérations courantes (en % du PIB) -1,8 -2,0 -2,5
Prix de l'immobilier (définition Eurostat)(variation annuelle moyenne en %, nombre total de logements) 6,4 5,0 3,5
    6/5/2022
Hongrie
  2021 2022 2023
Croissance du PIB réel (variation annuelle moyenne, en %) 7,1 4,8 2,6
Inflation (variation annuelle moyenne, en %, IPC harmonisé) 5,2 9,0 4,8
Taux de chômage (définition Eurostat)(fin de l'année, en % de la population active) 3,6 3,9 3,9
Solde budgétaire du gouvernement  (en % du PIB) -6,8 -5,0 -3,9
Dette publique brute (en % du PIB) 76,8 72,9 71,8
Balance des opérations courantes (en % du PIB) -2,7 -4,5 -0,9
Prix de l'immobilier (définition Eurostat)(variation annuelle moyenne en %, nombre total de logements) 15,4 5,5 3,5
    6/5/2022
Bulgarie
  2021 2022 2023
Croissance du PIB réel (variation annuelle moyenne, en %) 3,8 1,5 2,6
Inflation (variation annuelle moyenne, en %, IPC harmonisé) 2,9 12,5 6,5
Taux de chômage (définition Eurostat)(fin de l'année, en % de la population active) 4,6 6,5 5,3
Solde budgétaire du gouvernement  (en % du PIB) -4,1 -4,5 -2,0
Dette publique brute (en % du PIB) 25,1 29,8 31,0
Balance des opérations courantes (en % du PIB) -0,2 -2,9 -1,9
Prix de l'immobilier (définition Eurostat)(variation annuelle moyenne en %, nombre total de logements) 8,7 8,0 5,0
    6/5/2022

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