Mme Bullock tempère le marché après un 4e relèvement de taux
Ce matin, la banque centrale australienne (RBA) relevait son taux directeur à son niveau le plus élevé depuis fin 2011. Un relèvement de 25 points de base qui porte le taux à 4,60%. Malgré une politique monétaire actuellement restrictive, la RBA reste disposée à lutter contre l’évolution défavorable de l’inflation à coup de relèvement de taux directeur. Les marchés monétaires australiens estiment la probabilité d’une nouvelle mise à environ 60% avant la fin de l’année et fixent le pic du taux directeur à 5% au printemps prochain.
Les risques d’inflation à la hausse redoutés se sont manifestés ces derniers mois. Selon les prévisions du précédent rapport monétaire trimestriel, l’inflation de base sous-jacente ne descendra sous le plancher de l’objectif d’inflation de 2-3% qu’au deuxième semestre 2027 et restera inférieure à 3,5% en glissement annuel cette année. Le conflit persistant au Moyen-Orient et la forte hausse des prix de l’énergie indiquent d’ores et déjà une révision du rapport de novembre. Lors de la séance de questions-réponses, la présidente de la RBA, Michele Bullock, a déclaré que l’Australie était déjà confrontée à un problème d’inflation avant le choc énergétique. L’économie rencontre toujours ses limites de capacité, ce qui incite plus facilement les entreprises à répercuter l’augmentation des coûts de production sur le consommateur final. La RBA suggère que cela s’applique tant aux biens qu’aux services. Les entreprises qui n’ont pas encore augmenté les prix annoncent qu’elles le feront. Last but not least, il faut compter avec le boom de l’IA. Après les États-Unis et la Chine, l’Australie attire le plus gros volume d’investissements dans la construction de centres de données. Le pays présente plusieurs avantages non négligeables : on y trouve suffisamment de place, suffisamment de possibilités de production d’énergie supplémentaire, des minéraux rares et un gouvernement pro-américain. Le déploiement de l’IA stimule à la fois les prix des biens technologiques et la croissance économique.
Lors de la séances de questions-réponses, la présidente de la RBA a renversé la vapeur par rapport au mois d’août. À l’époque, le marché avait d’abord conclu que la barre pour un resserrement supplémentaire était élevée sur la base de la déclaration et des nouvelles prévisions. Lors de son communiqué de presse, madame Bullock a apporté des corrections en soulignant surtout les risques d’inflation à la hausse et sa volonté d’agir. Cette fois, le marché a d’abord vu un « nihil obstat » dans la déclaration de politique vers des taux directeurs encore plus élevés et la présidente de la RBA a eu du mal à rééquilibrer quelque peu le message. D’où la proposition de laisser le taux inchangé, également sur la table aujourd’hui. De plus, la présidente espère que les quatre relèvements des taux d’intérêt opérés suffiront à contenir l’inflation, même si elle n’en met pas sa main au feu. Elle semble également vouloir attendre l’impact du resserrement cumulé de 100 points de base, le délai de transition vers l’économie étant généralement d’environ 12 à 18 mois.
Ce matin, le dollar australien est tombé sous 0,70 AUD/USD pour la première fois depuis début août. La paire de devises s’est encore appuyée contre les sommets annuels (0,72+) à la mi-septembre, après quoi elle n’a guère profité d’un pendant américain plus fort. Le cours AUD/USD de 0,6861/33 est le plancher de la fourchette latérale solide depuis février et, pour l’instant, la voie la moins résistante.
AUD/USD: Le dollar australien s’affaiblit face à un USD plus fort