L’immobilier belge inverse la tendance des prix au T1
Selon les données d’Eurostat, les prix sur le marché immobilier européen ont continué leur progression au cours du premier trimestre 2026. Il s’agit de l’indice harmonisé des prix de l’immobilier pour les États membres de l’UE, qui prend en compte à la fois les logements existants et neufs et qui est corrigé des variations de prix résultant de changements dans les caractéristiques des biens vendus. Le rythme de hausse trimestrielle des prix était plus soutenu, passant de 0,7% à 1,2%. La dynamique de hausse annuelle s’était quelque peu ralentie, mais est restée légèrement supérieure à 5%. Par rapport au même trimestre de l’année précédente, un seul pays de l’UE, la Finlande (-2%), a enregistré une baisse des prix de l’immobilier au premier trimestre 2026. La plus forte hausse annuelle a quant à elle été observée au Portugal (+17,8%).
Une fois de plus, écarts significatifs ont été observés entre les États membres. Dans huit pays (soit deux fois plus qu’au T4 2025), la hausse des prix a dépassé 3%: la Roumanie, la Croatie, la Lituanie, l’Estonie, l’Espagne, la Slovaquie et le Portugal, avec la Bulgarie (+6,2%) en tête. À l’exception de l’Estonie, il s’agit de pays où la dynamique des prix avait déjà été très forte au cours (de la plupart) des trimestres précédents et dont le marché immobilier n’avait auparavant connu aucun ralentissement, ou alors très faible. Les prix ont en revanche baissé par rapport au trimestre précédent, bien que de moins de 1%, dans quatre pays (autant qu’au T4 2025): la Finlande, la France, la Belgique et la Hongrie. En Finlande et en France, cette correction s’inscrivait dans la continuité d’une baisse des prix déjà observée au T4 2025. Les difficultés du marché immobilier y subsistent et, au T1 2026, le niveau des prix était encore respectivement inférieur de 14,3% et 5,8% au pic atteint en 2022. Mis à part le chiffre négatif du T1 2026, la Hongrie n’a connu qu’un seul autre résultat trimestriel négatif ces dernières années (au T4 2022), qui a été suivi de bons résultats trimestriels successifs. Au T1 2026, les prix de l’immobilier en Hongrie étaient supérieurs de pas moins de 52% à ceux de 2022.
En Belgique, la baisse générale des prix (-0,8%) masquait une évolution contrastée: les prix des logements existants ont continué à augmenter (+1,3%), tandis que ceux des logements neufs ont nettement chuté (-6,5%). La dégringolade des prix des logements neufs en Belgique T1 2026 a compensé la hausse relativement plus forte enregistrée ces dernières années par rapport à celle des logements existants. L’évolution des prix des logements neufs est généralement plus volatile que celle des logements existants, avec également, au cours des dernières années, quelques trimestres de baisse des prix, bien que moins marquée qu’au T1 2026. Les prix de l’immobilier résidentiel en Belgique étaient alors supérieurs de 2% à ceux de l’année précédente, ce qui implique un léger ralentissement de la dynamique de hausse annuelle par rapport aux trimestres précédents.
Nous partons du principe que l’affaiblissement du T1 n’annonce pas de nouvelles corrections de prix. Les piliers de l’immobilier belge restent sains. Par ailleurs, le marché n’est plus surévalué, d’après le modèle d’évaluation de KBC. Nous avons néanmoins revu légèrement à la baisse nos prévisions concernant l’évolution des prix de l’immobilier belge en 2026. Pour l’ensemble des biens résidentiels (existants et neufs), nous tablons désormais sur une hausse moyenne des prix d’environ 2% en 2026 (contre 3% pour nos prévisions précédentes). Avec une inflation globale avoisinant les 3%, cette projection pour 2026 implique toutefois une baisse réelle des prix immobiliers (c’est-à-dire corrigée de l’inflation IPCH) d’environ 1%.
Indice harmonisé des prix du logement en Belgique: logements existants (bleu foncé) vs logements neufs (bleu clair)