D’autres relèvements de la RBNZ à venir
La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) a relevé son taux directeur de 25 pb ce matin, à 2,5%. Il s’agit d’une décision attendue, qui avait en outre été “téléphonée” lors de la réunion de politique avec les perspectives de début mai.
La justification principale du relèvement réside dans le fait qu’un taux directeur de 2,25% est de toute manière très souple pour l’économie néo-zélandaise. Rétrospectivement, en termes de communication surtout, il aurait été plus facile de relever le taux dès le mois de mai. La RBNZ applique une fourchette d’inflation cible de 1% à 3%. La Nouvelle-Zélande ne publie les taux d’inflation que sur une base trimestrielle, et le dernier chiffre officiel, qui date du premier trimestre (3,1%), est évidemment dépassé dans le contexte actuel. Dans une première estimation de l’impact du conflit au Moyen-Orient en mai, la RBNZ avait calculé que l’inflation culminerait à 4,3% (T3), avant de retomber petit à petit vers 2% au second semestre de l’année suivante. Ces prévisions impliquaient l’hypothèse d’un relèvement progressif du taux directeur, vers 3%/3,25%. En plus des risques d’une diffusion de la montée des prix de l’énergie dans le reste de l’économie, la RBNZ s’inquiétait déjà en mai (et avant) de la persistance d’une inflation intérieure élevée, principalement liée aux services, et de l’augmentation des prix réglementés, même dans un contexte de croissance modeste et de sous-exploitation de la capacité de production.
Par rapport à la mise à jour économique de mai, la situation a évidemment changé. Vu la baisse du prix du pétrole, la RBNZ envisage désormais un pic d’inflation de 3,9% au T2. L’incertitude et la hausse des prix de l’énergie ont interrompu la reprise économique qui se dessinait au début de l’année (0,8% en glissement trimestriel au T1) – mais la RBNZ a bon espoir qu’elle reprenne (nowcast de la RBNZ pour le T3: 0,6%). Malgré l’amélioration des perspectives sur le front de l’inflation, la banque centrale maintient sa conclusion selon laquelle les taux d’intérêt peuvent/doivent devenir moins stimulants, surtout dans un contexte de reprise de la croissance, bien qu’elle admette par ailleurs que le calendrier est extrêmement incertain. Le marché anticipe un prochain relèvement des taux d’intérêt en septembre (70%) ou octobre (100%). Ensuite, le taux pourrait à nouveau dépasser 3% au premier semestre de l’année prochaine. Ce matin, les taux d’intérêt à court terme en Nouvelle-Zélande augmentent de 4 à 5 points de base (2 ans: 3,37%). Après une période difficile depuis fin mai, le dollar kiwi se redresse légèrement (NZD/USD: 0,571). À cet égard, la RBNZ évoque également le risque d’inflation posé par une devise faible.
Le marché semble “séduit” par l’engagement de la banque centrale de mettre fin aux conditions monétaires souples. Néanmoins, même avec un “resserrement” progressif, les taux d’intérêt réels du dollar kiwi resteront bas. En outre, la devise demeure vulnérable en cas de poussées d’aversion au risque ou d’appréciation du dollar américain. Le dollar kiwi cote à un niveau historiquement faible et la zone NZD/USD 0,55/0,56 constitue une zone de support solide. Pourtant, une relance soutenue nécessitera probablement une reprise économique générale, dans le cadre de laquelle la RBNZ pourrait mener sa politique de taux d’intérêt comme une démonstration de force, plutôt que sur la base actuelle d’un équilibre à trouver entre une croissance insatisfaisante et une inflation sous-jacente toujours trop élevée.
NZD/USD: le dollar kiwi en quête d’un plancher?