Accord trouvé! Et maintenant?
Cette semaine s’annonçait d’emblée très chargée en raison des décisions concernant les taux de la Banque du Japon (demain), de la Fed (première avec Kevin Warsh à sa tête) (mercredi) et de la Banque d’Angleterre (jeudi), ainsi que d’autres plus petites banques centrales. Ce matin, les cartes ont à nouveau été bien mélangées. Les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord intérimaire! Après un nouveau week-end de communication chaotique, les deux pays confirment avoir signé un accord-cadre pour mettre fin à la guerre vendredi à Genève.
C’est évidemment une bonne nouvelle, qui réjouit également les marchés ce matin. Toutes les primes de risque baissent. Le baromètre par excellence, le prix du baril de pétrole brut Brent, continue de baisser à 83 $ l’unité. Contre +110 $ pas plus tard que mi-mai. Les taux américains et européens ont déjà amorcé « une solution » à la fin de la semaine dernière, mais baissent tout de même de 6 points de base supplémentaires, surtout à court terme. Les hausses boursières sont « inéluctables ». L’EuroStoxx50, qui a déjà atteint un niveau record vendredi, poursuit sa progression (+1,2 %). Le dollar, récemment fortement corrélé au prix du pétrole, perd du terrain, même si l’avantage de devises comme l’euro (EUR/USD 1,16) ou le yen (USD/JPY 160,1) est loin d’être spectaculaire. Une fois de plus, la question est: Et ensuite?
Pour y répondre, il faut commencer par examiner le déploiement de l’accord entre les États-Unis et l’Iran. Il reste peut-être quelques détails à régler. Aucun texte n’a encore été publié, mais l’accord intérimaire impliquerait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz à partir de vendredi (tant par l’Iran que par les États-Unis). Le cessez-le-feu est prolongé de 60 jours et pendant cette période, l’Iran n’appliquerait pas de restrictions ou de péages dans ledit détroit. Après la signature, les négociations sur le programme nucléaire iranien se poursuivent. Leur avancement déterminera alors si/dans quelle mesure les sanctions contre l’Iran et le gel des avoirs seront levés. L’Iran souligne que l’accord appelle également à la fin du conflit au Liban. Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains facteurs binaires qui ont provoqué des désaccords et des turbulences sur les marchés ces derniers mois n’ont pas été complètement clarifiés/résolus.
Une réponse à la question « Et ensuite? » constitue en substance toujours aussi bien une évaluation des attentes que de ce qui a déjà été pris en compte. En ce qui concerne la première, il ne faut pas forcément se montrer pessimiste pour envisager au moins encore quelques cahots sur la voie d’un accord définitif. De « espérer un accord » à « espérer que l’accord ne déraille pas ». À la question de savoir ce qui a déjà été pris en compte, il nous semble que, récemment, le marché des taux européen n’avait pas vraiment prévu un scénario catastrophe. Après un nouveau repositionnement ce matin, le marché monétaire européen tient compte d’un peu plus que d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt (+25 points de base) à l’automne. Tant les marchés que les banques centrales devront, dans les jours, semaines et mois à venir, procéder à une nouvelle estimation de la manière dont les dominos politiques et économiques tomberont. Suivons un raisonnement légèrement inverse: si les taux d’inflation, en particulier, sont tels qu’un relèvement supplémentaire des taux de la BCE suffira dans les prochains mois, nous nous débarrasserons très facilement de l’impact (de l’inflation) de la guerre en Iran.
Swap EMU à 2 ans: decrescendo sur la portée actuelle.