EUR/HUF : le forint reste proche de ses niveaux les plus élevés depuis début 2022.
Ce matin, les chiffres de l’inflation hongroise du mois de mai ont pratiquement scellé l’issue de la prochaine réunion de politique monétaire de juin. Une baisse du taux directeur de 6,25 % à 6 % paraît désormais acquise. Les prix n’ont pratiquement pas bougé le mois dernier et le taux annuel est repassé de 2,1 % à 1,8 %. L’inflation se situe donc de nouveau sous la limite inférieure de la marge de tolérance autour de l’objectif d’inflation de 3 %. Le marché anticipait une hausse de 0,3 % en glissement mensuel, portant ainsi le chiffre en glissement annuel à 2,2 %.
La banque centrale hongroise (MNB) récolte ce qu’elle a semé. Lors de sa réunion de politique monétaire de mai, elle avait déjà mis en avant l’évolution favorable de l’inflation et évoqué une révision à la baisse des projections trimestrielles en juin. En outre, la décision du statu quo n’avait pas été prise à unanimité. Hier, le vice-gouverneur Zoltan Kurali a déjà exprimé sa préférence pour une baisse du taux directeur. Au-delà du discours sur l’inflation, c’est la contraction des primes de risque hongroises qui pèse principalement dans la balance. Les deux phénomènes sont liés, vu que la vigueur du forint hongrois limite la pression sur les prix des biens importés. Les rendements des obligations d’État hongroises ont également fortement reculé depuis le début de l’année. Ces primes de risque plus faibles sont la conséquence directe du changement de rapport de force au Parlement, où le parti pro-européen Tisza a dépassé le Fidesz de Viktor Orbán.
Pour l’instant, Kurali ne parle toutefois pas d’un cycle d’assouplissement. Il privilégie avant tout la prudence, compte tenu de l’incertitude de l’environnement (économique) mondial. Autre point intéressant, il a fait remarquer que la MNB allait commencer à réviser son objectif d’inflation cet été. Celui-ci est actuellement fixé à 3 %, avec une marge de tolérance de ±1 point de pourcentage. Kurali laisse entendre que cet objectif pourrait être progressivement abaissé, en une ou deux étapes, au niveau cible de la Banque centrale européenne (BCE) de 2 %, dans la perspective d’une adoption de l’euro en 2030. Un objectif formulé par le premier ministre, Peter Magyar. Pour entrer dans l'euro, un État membre de l’UE doit répondre aux critères de Maastricht. En plus d'un assainissement des finances publiques, l’inflation ne peut, par exemple, pas dépasser de plus de 1,5 point de pourcentage la moyenne des trois pays de l’UE présentant l’inflation la plus faible. Des conditions existent également au niveau juridique et en matière de stabilité des taux de change. Bref, si la MNB envisage effectivement une période de transition vers un objectif d’inflation plus bas, elle doit en principe appliquer en attendant une politique monétaire relativement plus restrictive afin de donner corps à ses intentions et gagner en crédibilité. Dans ce contexte, la probabilité d’une longue succession de baisses de taux est forcément plus faible. Les projets de la BCE jouent aussi. Jeudi, celle-ci fera passer le taux d’intérêt de sa facilité de dépôt de 2 % à 2,25 %. La persistance du choc énergétique nécessite en effet un ajustement de la politique monétaire afin de lutter contre l’inflation (les risques d'inflation). L’impasse actuelle entre les États-Unis et l’Iran plaide en faveur d’une autre intervention en juillet. Nous ne le répéterons jamais assez : le temps reste le principal facteur qui permettra de résorber le choc énergétique et atténuer les dommages sur les chaînes d’approvisionnement internationales.
Les marchés hongrois continuent, pour l’instant, d’accorder leur confiance au vent nouveau qui souffle sur Budapest. Le cours EUR/HUF (355) reste proche des plus hauts atteints par le forint depuis début 2022.
EUR/HUF : le forint reste proche de ses niveaux les plus élevés depuis début 2022.