Bénéfices d’exploitation: les entreprises échappent à la gravité iranienne
La saison des résultats du T1 2026 est terminée à 90% aux États-Unis. Elle se caractérise par des bénéfices et des chiffres d’affaires exceptionnels. Alphabet, Amazon et Meta s’illustrent, mais la croissance bénéficiaire repose sur une base très large: tant le pourcentage de surprises positives que leur ampleur dépassent largement les moyennes historiques. Le S&P 500 affiche une croissance du chiffre d’affaires d’environ 11,3% et une croissance bénéficiaire de 27,1% (compte tenu d’éléments ponctuels), ce qui fait de ce trimestre le meilleur trimestre depuis le T4 2021.
Croissance bénéficiaire de 21% en 2026
Trois des “Magnificent 7” – Alphabet, Amazon.com et Meta Platforms – sont les plus gros contributeurs à la hausse de la croissance bénéficiaire totale de l’indice, tant au cours de la semaine écoulée que depuis la fin du trimestre (31 mars). La technologie est redevenue un moteur important, c’est une évidence. En même temps, 10 secteurs sur 11 affichent une croissance bénéficiaire, à deux chiffres pour sept d’entre eux, avec en tête la technologie, les services de communication, les matériaux et les biens de consommation discrétionnaire. Seul le secteur des soins de santé a dû faire état d’une baisse.
84% des entreprises ont dépassé la barre fixée, contre 76% en moyenne au cours des 10 dernières années. Cela donne un bénéfice d’exploitation supérieur aux attentes de 18,2% en moyenne, à comparer avec une moyenne historique de 7,1%.
Pour le reste des trimestres de 2026, l’on s’attend désormais à une croissance bénéficiaire de 19,9% (T2), 23,2% (T3) et 20,7% (T4). Cela devrait la porter à 21% en 2026, alors qu’elle était estimée à 12% il y a un an. Pour le Nasdaq, la hausse est encore plus importante: l’estimation est passée de 18% de croissance bénéficiaire il y a un an à 41%. L’impact de la guerre en Iran est donc quasiment invisible.
Plus encore, nous observons une nette accélération de la croissance bénéficiaire en plus de la croissance en 2023 (+11,4%), 2024 (+10%) et 2025 (+12%). L’optimisme boursier reflète donc à juste titre des effets d’échelle, une forte croissance de la productivité et des gains d’efficacité. Malgré cela, la capitalisation boursière sous-jacente a augmenté encore davantage, si bien que le S&P 500 cote à un ratio cours/bénéfice de 21x, juste au-dessus du 19,7x atteint au 31 mars.
Europe: “mieux que ce qu’on craignait”
En Europe, le bilan provisoire est le même qu’aux États-Unis, grâce aux chiffres plus que solides des secteurs bancaire et industriel. La croissance bénéficiaire estimée des entreprises de l’EuroStoxx 600 est passée de 10% en base annuelle à 12% ou 13%. Sans le secteur de l’énergie, cette croissance aurait stagné aux alentours de 5% à 6%, mais pourquoi bouder son plaisir.
Quelque 55 à 60% des entreprises européennes ont battu les prévisions de bénéfices, en particulier dans des secteurs domestiques comme les soins personnels, la technologie, les banques, ainsi que les titres défensifs. Les entreprises cycliques ont moins bien performé en raison du report d’investissements, de retards dans l’augmentation des nouvelles capacités et des craintes liées aux coûts énergétiques toujours élevés.
“Mieux que ce que l’on craignait”, oui, mais dans certains secteurs, le risque d’affaiblissement de l’économie européenne et la pression sur les marges jettent une ombre sur la croissance attendue pour 2026, qui reste en grande partie à réaliser dans les prochains trimestres.
La technologie, les matériaux et les biens de consommation discrétionnaire à la base de la forte croissance bénéficiaire