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La NBP et la CNB prennent leur temps

Les marchés

Après la Norges Bank norvégienne et la Riksbank suédoise hier, nous nous penchons aujourd'hui sur un autre duo d'institutions ayant pris leur décision de taux cette semaine : la banque centrale tchèque (CNB) et la banque centrale polonaise (NBP). Les deux ont laissé leurs taux inchangés à 3,5 % (CNB) et 3,75 % (NBP).  Quelques nuances sont toutefois à signaler. Les deux disposent encore de marge pour apprécier le choc inflationniste, étant donné leur taux directeur toujours légèrement restrictif. La communication  après la décision laisse néanmoins le sentiment que la NBP pourrait procéder à un relèvement plus rapidement que sa collègue de Prague.

Honneur à la NBP. La banque centrale polonaise a pris sa décision sans aucune nouvelle projection économique à sa disposition. En outre, c’est souvent la conférence de presse du président Glapinski , le lendemain de la décision, qui est surtout scrutée de près. Celui-ci n’hésite jamais à ajouter sa petite touche personnelle. Cette fois-ci, il s'est montré étonnamment nuancé. La NBP opère un virage tactique (logique). En mars, malgré le début du conflit au Moyen-Orient, le taux avait encore été rapidement abaissé compte tenu des faibles taux d’inflation enregistrés en début d’année (au-dessous de l’objectif de 2,5 %). Depuis, les prix sont repartis à la hausse en avril (0,6 % en glissement mensuel ; 3,2 % en glissement annuel) et l’inflation de base a probablement poursuivi sa progression (2,7 % en mars). La NBP n'entend pas freiner inutilement une dynamique de croissance déjà en perte de vitesse. De plus, le marché du travail est également moins tendu que ces dernières années. Pourtant, la perspective d'une baisse de taux a désormais été écartée. La probabilité d'un relèvement devient de plus en plus élevée, mais nous espérons qu’il ne faudra pas en arriver là. Le marché monétaire envisage tout de même une petite hausse de taux au second semestre.

La CNB montre généralement un visage un peu plus orthodoxe en matière de lutte contre l'inflation. C'est toujours le cas, mais il semble qu’elle souhaite aujourd'hui tirer parti de la crédibilité qu’elle s’est forgée. La CNB disposait toutefois de nouvelles projections au moment de statuer. Après un départ en mode mineur (1,4 % en février), l’inflation pourrait se situer dans la moitié supérieure de la fourchette de tolérance de 2 % +/- 1 % pour le reste de 2026. Avec un taux moyen attendu à 2,2 % cette année et 2,4 % en 2027, elle reste toutefois à l'intérieur de la zone cible. Flirtant avec les 3 %, l’inflation de base demeure en revanche élevée. Fidèle à son ADN, la CNB ne se focalise pas uniquement sur les prix de l’énergie, mais se doit aussi de surveiller attentivement une série de risques inflationnistes intérieurs (marché du travail serré, croissance du crédit, dépenses budgétaires). Le président Michl en est arrivé à la conclusion que la politique devait rester stricte,  mais avec un taux directeur de 3,5 %, c’est déjà le cas de facto. Nous continuons de penser que la CNB maintiendra son taux au niveau actuel (3,5 %) tant que les incertitudes autour de l'inflation persisteront (au moins jusqu’à la fin de cette année). La barre pour un resserrement est haute. Comme déjà évoqué, il s'agit pour le moment d'utiliser la marge de manœuvre qui a été acquise.

Tant le zloty que la couronne tchèque n’ont que peu souffert de l’incertitude depuis fin février.  À EUR/CZK 24,30 et EUR/PLN 4,23, les pertes initiales ont déjà été presque entièrement neutralisées. Ici aussi, l'impression générale est que le marché des changes gère le conflit avec calme et discipline. Aucune fuite vers le dollar, qui déstabilise traditionnellement des devises comme la couronne ou le zloty, n'a été observée cette fois.Sur cette base, nous sommes enclins à rester positifs vis-à-vis des devises de ce type, qui profitent aussi d'un taux directeur légèrement supérieur au niveau neutre. Surtout si le choc de l’offre/des prix provoqué par la crise au Moyen-Orient venait à se dissiper (progressivement). Cela nous ramène à la question à (bien plus d') un million qui tient les marchés en haleine depuis plus de deux mois

EUR/PLN (vert) et EUR/CZK (rouge) : quasiment aucune incidence durable liée au conflit au Moyen-Orient.

Bron: Bloomberg

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