Perspectives économiques pour la Belgique
La confiance des consommateurs et des entreprises a chuté au cours du dernier mois de 2025, inversant ainsi la tendance à la hausse quasi continue observée au cours des mois précédents (voir figure BE1). Les consommateurs sont devenus plus pessimistes quant à la situation générale de l'économie belge. En janvier, la confiance des consommateurs a de nouveau fortement augmenté, principalement en raison d'une nette diminution des inquiétudes liées au chômage. La confiance des entreprises s'est affaiblie en décembre dans l'industrie, la construction et le commerce, mais est restée relativement stable dans les services aux entreprises.
La détérioration du climat en décembre pourrait en partie résulter de l'accord sur le cadre budgétaire pour 2026-2029, conclu par le gouvernement fédéral fin novembre, qui comprend plusieurs mesures fiscales. Étant donné que le climat dans l'ensemble de la zone euro s'est également détérioré, le climat international toujours difficile explique plus probablement le retournement de la confiance en Belgique. Dans ce contexte, la forte baisse des carnets de commandes à l'exportation en décembre pourrait bien être une première indication de l'impact des droits de douane américains sur les exportations belges (voir figure BE2).
Données révisées sur l'emploi
Le mois dernier, nous avons indiqué que le marché du travail belge était resté résistant jusqu'en 2025. Toutefois, les chiffres révisés jettent un éclairage quelque peu différent sur la situation. Les données relatives à l'emploi pour les trois premiers trimestres de 2025 ont été récemment révisées par l'Institut des comptes nationaux (ICN). En particulier, le chiffre du troisième trimestre 2025 était beaucoup moins bon que ce qui avait été annoncé précédemment, de sorte que le rebond de la dynamique de l'emploi n'est plus visible dans la série de données actualisées (voir figure BE3). En ce qui concerne les secteurs, l'emploi au troisième trimestre dans l'industrie et dans la santé humaine et l'action sociale a été fortement révisé à la baisse. Parallèlement, le taux de chômage harmonisé est resté stable à 6,4% en novembre, après avoir augmenté au cours des mois précédents. Nous prévoyons que ce taux restera légèrement supérieur à 6% dans les années à venir.
Alors que l'inflation globale a encore diminué en décembre (de 2,6% à 2,2%) en raison de la baisse de l'inflation énergétique, le taux d'inflation de base (hors énergie et alimentation) a encore augmenté (de 2,7% à 2,9%). Pour l'ensemble de l'année 2025, le taux d'inflation global s'est établi en moyenne à 3,0%, contre 4,3% en 2024. L'inflation sous-jacente moyenne s'est établie à 2,4% en 2025, contre 3,4% en 2024. Dans le cadre de l'accord budgétaire conclu par le gouvernement fédéral à la fin du mois de novembre de l'année dernière, plusieurs nouvelles mesures fiscales ont été décidées qui devraient exercer une certaine pression à la hausse sur l'inflation. En conséquence, nous avons revu à la hausse nos prévisions pour l'inflation globale moyenne en 2026, de 1,6% à 1,9%. Pour 2027, nous prévoyons que l'inflation belge restera faible (2,0%), l'introduction du système d'échange de quotas d'émission (ETS2) ayant été reportée de 2027 à 2028.
Malgré l'affaiblissement du sentiment, nous avons décidé de ne pas (encore) modifier les perspectives de croissance du PIB réel belge. Après une croissance moyenne estimée à 1,0% en 2025, nous prévoyons une croissance belge de 1,1% et 1,3% en 2026 et 2027, respectivement. Il s'agit d'un scénario dans lequel la croissance effective du PIB en Belgique converge progressivement vers son taux potentiel (estimé par la CE à 1,4% en 2027). Les risques entourant ce scénario sont toutefois assez importants et sont orientés à la baisse. Il s'agit notamment d'un impact retardé des droits de douane américains ou, pire encore, d'une escalade de la guerre commerciale, d'un marché du travail moins résistant et des nouvelles mesures gouvernementales qui exercent une pression à la baisse sur le pouvoir d'achat et la croissance de la consommation.
Données sur les prix des logements pour le troisième trimestre
Début janvier, Eurostat a publié des données harmonisées sur les prix des logements pour le troisième trimestre 2025. Les prix ont augmenté de 1,6% par rapport au trimestre précédent dans l'ensemble de l'UE, soit le même taux qu'au deuxième trimestre. La hausse trimestrielle des prix a été la plus forte (plus de 4%) en Lettonie, en Slovaquie et au Portugal. Cinq pays ont enregistré une baisse des prix (Suède, Estonie, Slovénie, Finlande et Luxembourg). En Belgique, les prix de l'immobilier ont fortement augmenté de 2,4% en glissement trimestriel au troisième trimestre, après une légère baisse de 0,1% au deuxième trimestre. Les prix des logements neufs (+3,3%) ont augmenté un peu plus que les prix des logements existants (+2,1%) (voir figure BE4). Alors que les chiffres du deuxième trimestre ont quelque peu tempéré le rythme des hausses de prix précédentes, les données du troisième trimestre indiquent clairement que la dynamique des prix des logements se renforce à nouveau. Les données du troisième trimestre nous ont amenés à réviser nos perspectives de croissance des prix de l'immobilier belge en 2025 et 2026 à une moyenne annuelle de 3,3% et 3,4%, respectivement, contre 2,6% et 3,1% précédemment.