Belgique

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Mise à jour économique - juin 2021

L'estimation préliminaire de la croissance du PIB réel de la Belgique au premier trimestre 2021 a été révisée en nette hausse, passant de 0,6 % à 1,0 %, ce qui rend le début de l'année encore meilleur que prévu initialement. Ce bon chiffre contraste avec la croissance du PIB dans la zone euro, qui s'est encore contractée de 0,3 %. La croissance belge au premier trimestre a été tirée à la fois par la demande intérieure finale (c'est-à-dire hors stocks) et par les exportations nettes. Toutes les composantes de la demande intérieure ont augmenté, ce qui indique que la reprise en cours repose sur une large base. La croissance des investissements des entreprises (+2,2 %) a surpris à la hausse, car les entreprises interrogées par l'Economic Risk Management Group (ERMG) ont continué de s'attendre à ce que la crise du coronavirus réduise leurs investissements prévus. Les investissements du 1er trimestre ont toutefois été influencés positivement par un certain nombre de transactions spécifiques concernant l'achat et la vente de navires dans et vers des pays étrangers. La croissance du premier trimestre a également été renforcée par une baisse marquée des importations (-1,3%), plus forte que celle des exportations (-0,5%).    

Le mois de mai a été marqué par une nouvelle hausse du moral des consommateurs, les indicateurs dépassant largement leurs niveaux d'avant la crise. Le bond de la confiance des consommateurs a été parmi les plus élevés jamais enregistrés. L'indicateur de conjoncture de la BNB s'est raffermi pour le sixième mois consécutif, bien qu'à un rythme plus lent qu'en avril. Le remarquable retournement du sentiment est dû à un plus grand optimisme quant à la réouverture substantielle de l'économie à partir de l'été. Parallèlement, le marché du travail reste remarquablement résistant. Après une nouvelle hausse de 0,1 % au premier trimestre, l'emploi a presque retrouvé son niveau d'avant la crise. Dans la zone euro, il est encore inférieur de 2,1 % (figure BE1). En Belgique, le taux de chômage est tombé à 5,3 % en avril, après avoir atteint un pic de 6,5 % en août de l'année dernière. Il ressort également de la dernière enquête de l'ERMG que de nombreuses entreprises ont des difficultés à trouver du personnel adéquat, ce qui indique que le marché du travail est déjà tendu à ce stade encore précoce de la reprise. En outre, la rotation du personnel est plus importante que d'habitude. Cela pourrait être une bonne nouvelle : cela suggère que les travailleurs des secteurs les plus durement touchés ont déjà effectué des transitions importantes vers des emplois dans d'autres secteurs. De telles transitions facilitent la reprise de l'économie.

Une croissance plus forte en 2021

Maintenant que de nombreuses restrictions liées au covid-19 s'assouplissent, la croissance de la consommation privée devrait s'accélérer. Dans notre scénario, la demande des consommateurs deviendra le principal moteur de la croissance dans les trimestres à venir. Compte tenu des indicateurs forts observés récemment et éclairés par les prévisions du modèle nowcasting de KBC, nous avons relevé notre estimation de la croissance du PIB en glissement trimestriel pour le T2 à 1,2%. En tenant compte de la croissance beaucoup plus forte que prévu au T1 et en maintenant inchangées les estimations de la croissance trimestrielle au T3 et au T4 à 1,5 % et 1,0 % respectivement, nous voyons maintenant la croissance annuelle du PIB réel pour l'ensemble de l'année 2021 à 5,3 %, contre 4,5 % précédemment. La prévision de croissance annuelle pour 2022 reste à 4,1%. Ces chiffres impliquent que l'économie belge atteindra son niveau de PIB d'avant la crise (T4 2019) au T4 2021. Conformément au scénario de croissance actualisé pour 2021, nous voyons maintenant le taux de chômage belge à 6,5% à la fin de cette année, au lieu de 7,0% dans notre scénario précédent.

Malgré les prévisions plus optimistes pour 2021, un certain nombre de risques subsistent clairement pour la croissance belge. Un premier risque est une nouvelle aggravation de la situation épidémiologique suite à des variants du virus résistants au vaccin. Deuxièmement, le chômage temporaire reste assez élevé, malgré la baisse récente, ce qui implique un potentiel important de personnes devenant effectivement chômeurs par rapport à ce que nous supposons dans le scénario de base. Troisièmement, les enquêtes de l'ERMG, y compris l'édition la plus récente, montrent systématiquement que les investissements prévus par les entreprises en 2021 et 2022 sont toujours affectés négativement par la crise. Bien que ce sondage puisse surestimer l'impact de la crise, il ajoute de l'incertitude au scénario. Enfin, une observation inquiétante de la dernière enquête de l'ERMG est que de nombreuses entreprises sont confrontées à des contraintes d'approvisionnement (figure BE2). Les goulets d'étranglement du côté de l'offre, tant en termes de personnel que de chaîne d'approvisionnement, pourraient bien commencer à peser sur l'activité 

Encadré BE - Prévision immédiate du PIB belge

 

Bien que le terme nowcasting (fusion de "now" et "forecasting") ait été inventé par les météorologues, sa popularité parmi les prévisionnistes économiques a considérablement augmenté ces dernières années. Les chocs économiques et les incertitudes liés à la crise n'ont fait qu'accélérer cette tendance. Il est essentiel de disposer d'évaluations précises en temps réel de la situation et de l'évolution de l'économie, non seulement parce qu'elles servent de base aux projections numériques à moyen terme, mais aussi parce qu'une interprétation aussi précise que possible des évolutions économiques les plus récentes est cruciale en période d'incertitude économique élevée. Les pratiques de nowcasting complètent donc l'analyse des données réelles publiées qui sont souvent soumises à des délais de publication importants. 

Pour toutes ces raisons, nous avons développé nos propres modèles de prévision immédiate. Ils nous permettent non seulement d'évaluer l'état actuel de l'économie, mais aussi de fournir des prévisions à court terme du PIB et des variables connexes. L'idée principale est d'extraire des informations sur l'état (non observé) de l'économie à partir d'un ensemble d'indicateurs qui sont disponibles à une fréquence plus élevée et/ou qui sont plus à jour que le PIB lui-même. L'extraction d'informations pourrait se faire en utilisant le plus large ensemble d'indicateurs et d'informations disponibles. 

Appliqués à l'évolution du PIB belge, nos modèles actuels de prévisions immédiates confirment que la reprise post-Covid est bien engagée au deuxième trimestre de 2021. Par exemple, au début du deuxième trimestre, le secteur des ventes au détail (à l'exclusion des voitures) a enregistré des résultats un peu moins bons que ceux auxquels on aurait pu s'attendre au vu de la situation économique générale (selon le modèle), mais cela peut clairement être attribué aux mesures anti-Covid strictes encore en vigueur en avril. D'autre part, un environnement extérieur généralement favorable, une bonne performance du secteur industriel et des indicateurs de confiance solides compensent cet effet et laissent entrevoir une croissance du PIB beaucoup plus rapide que d'habitude (environ 0,4 %) en glissement trimestriel au T2 2021, à 1,2 %. Des variables et des informations supplémentaires confirment ce tableau.

Bien que la période Covid illustre la difficulté d'évaluer la probabilité de différents résultats possibles pour le PIB (en raison des non-linéarités liées aux événements extrêmes), notre modèle indique que la probabilité d'une baisse du PIB belge au T2 2021 (en termes de trimestre sur trimestre) est très faible (figure EBE). En ce qui concerne les perspectives à court terme basées sur le modèle pour le troisième trimestre, si la reprise se poursuit "comme d'habitude", nous pouvons à nouveau compter sur un taux de croissance bien supérieur à l'expérience historique moyenne. Toutefois, il est très peu probable que le PIB atteigne déjà le niveau d'avant COVID à la fin du mois de septembre.

Les prévisions les plus récentes

Comptes nationaux (croissance réelle en %)

  2020 2021 2022
Consommation privée -8,7 4,9 6,8
Consommation publique 0,6 3,9 2,4

Investissements en capital fixe

-6,9 8,4 2,5

Investissements des entreprises

-7,8 8,5 3,1

Investissements publics

-1,4 4,9 2,4
Investissements en construction -6,9 10,0 2,9
La demande intérieure finale (hors variation des stocks) -6,1 5,5 4,7
Variation des stocks (contribution à la croissance) 0,1 -0,3 0,0
Exportations de biens et de services -4,6 6,2 7,9
Importations de biens et de services -4,3 6,0 8,7
       
Produit intérieur brut (PIB) -6,3 5,3 4,1
       
Revenu disponible des ménages 1,7 0,7 1,7
Taux d'épargne brut des ménages (en % des revenus disponibles) 21,7 18,5 14,5

Indicateurs d'équilibre

  2020 2021 2022
Inflation (hausse annuelle moyenne, en %)      

Prix à la consommation 

0,4 1,8 1,5

Indice santé

1,0 1,2 1,7
       
Marché du travail      

Emploi intérieur (variation en cours d’année, en ‘000)

-13,0 -30,0 80,0

Taux de chômage (fin d’année, définition Eurostat)

5,7 6,5 6,0
       
Finances publiques (en % du PIB, avec les politiques actuelles)      

Solde de financement

-9,4 -6,8 -6,2

Dette publique

114,1 116,2 116,8
       
Comptes nationaux (croissance réelle en %) -0,2 0,4 -1,0
       
Prix des maisons (variation au cours de l’année, logements existants et nouveaux, en %) 4,2 1,0 1,5

Autres prévisions et mises à jour

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