Belgique

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Perspectives économiques pour la Belgique 

Prévisions économiques novembre 2022

Selon l'estimation préliminaire de l'Institut des comptes nationaux (ICN), le PIB belge du troisième trimestre a diminué de 0,10% en glissement trimestriel. La légère contraction de l'économie belge est globalement conforme à nos attentes (-0,15%) et fait suite à une expansion révisée à la hausse de 0,54% au deuxième trimestre (contre seulement 0,19% publié par l'ICN précédemment). Fait remarquable, une série plus longue de taux de croissance trimestriels a été révisée, la baisse du PIB réel annuel en 2020 semblant avoir été plus faible (-5,4 %) que prévu précédemment (-5,7 %), tandis que la croissance annuelle du PIB en 2021 n'a été que marginalement ajustée, passant de 6,2 % à 6,1 %. Selon les données révisées, l'économie belge a connu une croissance supplémentaire de 0,85 % au cours de la période T1 2021 - T2 2022 par rapport aux données publiées précédemment. Tout cela signifie que la contraction de l'économie belge causée par la pandémie a été moins grave et que la reprise qui s'en est suivie a été plus forte qu'on ne le pensait jusqu'à présent.

Le chiffre du troisième trimestre en Belgique (-0,1%) a été moins bon que celui de la zone euro (0,2%). La principale raison de ce différentiel de croissance est la performance relative de l'industrie belge. La première estimation publiée par l'ICN montre que la valeur ajoutée dans l'industrie s'est fortement contractée de 0,7% en glissement trimestriel au troisième trimestre, en ligne avec la trajectoire baissière observée dans les chiffres mensuels de la production industrielle et le taux trimestriel d'utilisation des capacités dans le secteur (voir figure BE1). La contraction de l'activité industrielle est en grande partie imputable au secteur pharmaceutique, qui a vu la production de vaccins coronavirus chuter depuis le début de l'année. En outre, la Belgique compte de nombreuses entreprises à forte intensité énergétique, par exemple dans le secteur métallurgique, qui sont relativement touchées par la crise actuelle. L'activité dans le secteur de la construction a encore progressé de 0,3% au troisième trimestre, comme au trimestre précédent, mais dans le secteur des services, la valeur ajoutée a ralenti à 0,1%. 

Les données relatives aux composantes de la croissance au troisième trimestre ne sont pas encore disponibles, mais la consommation privée et les exportations nettes ont probablement fait baisser le PIB. La confiance des consommateurs s'est stabilisée en octobre à un niveau historiquement bas, tandis que la confiance des entreprises, telle que représentée par le baromètre de la BNB, a encore diminué. Plus remarquable encore, les carnets de commandes à l'exportation ont connu une baisse significative depuis août. Les entreprises orientées vers l'exportation semblent en pâtir, car la répercussion de la hausse des coûts de l'énergie et de la main-d'œuvre sur leurs prix de vente aggrave leur position concurrentielle. Par ailleurs, l'indicateur de confiance dans l'industrie de la CE indique que les entreprises sont de plus en plus confrontées à un manque de demande, tandis que la pénurie d'équipements et de main-d'œuvre, bien que diminuant, limite toujours fortement la production.  

Entrée en récession

La croissance négative du T3 confirme notre scénario selon lequel l'économie belge est entrée dans une légère récession technique. Nous maintenons inchangé notre scénario de croissance trimestrielle du PIB au quatrième trimestre, à près de -0,2%, suivi d'une croissance restant à zéro ou proche de zéro au cours des deux premiers trimestres de 2023. Pour l'ensemble de l'année 2022, notre estimation de la croissance du PIB a toutefois été sensiblement revue à la hausse, passant de 2,3 % à 2,9 %. Cette révision est entièrement due aux révisions de l'ICN des données antérieures sur le PIB, en particulier un dépassement plus important de 2021 en 2022 (soit 2,0 au lieu de 1,8 points de pourcentage) et une croissance plus forte que prévu au premier trimestre et, surtout, au deuxième trimestre. Notre prévision de croissance annuelle pour 2023 reste inchangée à 0,2%.

L'inflation belge a une nouvelle fois surpris à la hausse, atteignant 12,3 % (IPC) et 13,1 % (IPCH) en octobre respectivement. L'inflation a en outre continué à s'étendre. Près d'un bien et d'un service sur trois dans le panier du consommateur a maintenant une inflation de 9% ou plus (voir figure BE2). L'alimentation est devenue le deuxième contributeur au taux d'inflation élevé, après l'énergie. Nous continuons à prévoir une décélération des chiffres de l'inflation mensuelle au cours de l'année 2023, mais nous avons à nouveau relevé l'inflation annuelle pour 2022 et 2023 par rapport aux prévisions du mois dernier. Nous voyons maintenant une inflation moyenne de 10,9 % en 2022 et de 6,2 % en 2023. La raison en est la surprise à la hausse d'octobre, qui entraîne également un effet de report plus important en 2023 que prévu précédemment.

Le projet de plan budgétaire pour 2023, soumis à la Commission européenne à la mi-octobre, montre que le déficit public et le ratio dette/PIB de la Belgique seront plus élevés que prévu en raison de dépenses supplémentaires pour contrer la crise énergétique. Une grande partie de ces dépenses vise à protéger les ménages et les entreprises de la hausse des coûts de l'énergie, mais d'autres postes, tels que l'aide aux réfugiés ukrainiens, la reconstruction après les inondations de 2021 et les autres mesures liées à la Covid-19, creusent également le déficit. Les projections du gouvernement pour le déficit et le ratio de la dette en 2023 sont respectivement de -5,8 % et 108,2 % du PIB, contre -5,2 % et 105,3 % du PIB prévus en 2022. Comme notre prévision de croissance du PIB en 2023 (0,2%) est inférieure à celle du Bureau fédéral du Plan (0,5%), qui est à la base du plan budgétaire, KBC Economics voit le déficit et la dette de 2023 encore légèrement plus élevés, à -6,0% et 108,4% du PIB, respectivement. Avec cela, le déficit budgétaire de la Belgique restera l'un des plus importants parmi les souverains de la zone euro en 2023. 

Comptes nationaux (croissance réelle en %)

  2021 2022 2023
Consommation privée 5,5 3,6 0,9
Consommation publique 4,8 -0,2 1,4

Investissements en capital fixe

4,9 -1,0 1,3

Investissements des entreprises

3,9 -1,6 1,5

Investissements publics

5,2 -4,8 1,9
Investissements en construction 7,9 2,9 0,4
La demande intérieure finale (hors variation des stocks) 5,2 1,5 1,1
Variation des stocks (contribution à la croissance) 0,4 0,9 0,0
Exportations de biens et de services 11,3 3,7 -0,1
Importations de biens et de services 10,7 3,2 0,8
       
Produit intérieur brut (PIB) 6,1 2,9 0,2
       
Revenu disponible des ménages 1,8 -0,1 1,5
Taux d'épargne brut des ménages (en % des revenus disponibles) 16,4 13,2 13,8

Indicateurs d'équilibre

  2021 2022 2023
Inflation (hausse annuelle moyenne, en %)      

Prix à la consommation 

3,2 10,9 6,2

Indice santé

2,0 9,0 6,4
       
Marché du travail      

Emploi intérieur (variation en cours d’année, en ‘000)

112,3 63,2 22,5

Taux de chômage (fin d’année, définition Eurostat)

5,6 6,0 6,2
       
Finances publiques (en % du PIB, avec les politiques actuelles)      

Solde de financement

-5,5 -5,2 -6,0

Dette publique

108,2 105,3 108,4
       
Comptes nationaux (croissance réelle en %) 0,4 -3,0 -3,5
       
Prix des maisons (variation au cours de l’année, logements existants et nouveaux, en %) 7,1 5,0 2,5

Autres prévisions et mises à jour

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