Perspectives économiques pour la Belgique
Un début d’année 2026 toujours satisfaisant
L’estimation préliminaire de la croissance du PIB au premier trimestre 2026 a été confirmée à 0,2 % par l’Institut des comptes nationaux (ICN). Ce chiffre traduit un renforcement de la croissance trimestrielle par rapport au trimestre précédent (0,05 %) et s’inscrit globalement dans la lignée de la croissance de l’économie de la zone euro, si l’on exclut l’effet du PIB irlandais. Il montre que l’économie belge a encore affiché des résultats étonnamment bons en ce début d’année. Si l’on examine les détails, la consommation des ménages (+0,6 % en glissement trimestriel) a été le principal moteur de la croissance du PIB au premier trimestre, après une stagnation au quatrième trimestre 2025. Les investissements dans le logement ont légèrement progressé de 1,3 %, ce qui représente la première croissance trimestrielle positive de cette composante depuis le premier trimestre 2024. La consommation et les investissements publics ont tous deux reculé, respectivement de 0,5 % et 1,0 %. La croissance des investissements des entreprises a été modérément positive, avec une hausse de 0,3 %. Les flux commerciaux ont surpris à la hausse, les exportations et les importations ayant augmenté respectivement de 2,8 % et 2,6 %, ce qui s’est traduit par une légère contribution positive des exportations nettes à la croissance (+0,1 point de pourcentage). Enfin, la contribution des variations de stocks à la croissance du PIB a été négative, à -0,1 point de pourcentage (voir figure BE1).
La publication des données du premier trimestre par l’INASTI a également montré que la croissance trimestrielle de l’emploi avait rebondi (+0,2 % en glissement trimestriel, soit 10 350 personnes supplémentaires), ce qui suggère que le marché du travail est resté résilient (voir figure BE2). La création d’emplois s’est améliorée dans l’industrie et la construction, ainsi que dans les activités professionnelles, scientifiques et techniques et dans les activités de services administratifs et de soutien. De plus, le taux de chômage harmonisé est passé de 6,4 % à la fin de 2025 à 6,2 % en mars et avril 2026. Il convient toutefois de faire preuve de prudence dans l’interprétation des chiffres du marché du travail belge du premier trimestre, car l’emploi a probablement été stimulé par la nouvelle limite de deux ans imposée aux allocations de chômage. Par ailleurs, les données non officielles récentes indiquent que les perspectives du marché du travail se sont détériorées. Ainsi, les enquêtes mensuelles de la BNB montrent que les prévisions des entreprises en matière d’emploi et celles des consommateurs concernant le chômage deviennent plus pessimistes. En conséquence, la croissance de l’emploi devrait à nouveau s’affaiblir au cours des prochains trimestres.
Scénario inchangé
De manière plus générale, le climat général s’est nettement détérioré depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février. Cette détérioration a été particulièrement marquée pour la confiance des consommateurs, qui est tombée en dessous de sa moyenne à long terme, après une remontée de l’indicateur tout au long de l’année 2025. L’impact de la hausse de l’inflation et des réformes gouvernementales sur les revenus réels, et donc sur le pouvoir d’achat, devrait entraîner un ralentissement substantiel de la croissance des dépenses des ménages au deuxième trimestre et au cours des trimestres suivants, par rapport à la croissance trimestrielle inattendue enregistrée au premier trimestre. Malgré l’optimisme suscité par l’accord entre les États-Unis et l’Iran sur la réouverture du détroit d’Ormuz et la prolongation du cessez-le-feu, une incertitude considérable subsiste quant à sa mise en œuvre complète et aux revers occasionnels. Cet accord limite certes les risques baissiers pesant sur l’activité économique générale, mais nous continuons de tabler sur une croissance modeste de 0,6 % pour l’économie belge cette année. Ce scénario implique que le PIB belge stagnera pratiquement au deuxième trimestre et ne se redressera que progressivement au cours des trimestres suivants. Pour 2027, nous avons également maintenu inchangée la croissance annuelle du PIB, à 1,1 %.
L’inflation belge (sur la base de l’IPCH européen) s’est établie à 4,0 % en mai, en baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport au chiffre d’avril (voir figure BE3). Outre une baisse de l’inflation énergétique, passée de 18,2 % à 17,1 %, la baisse de l’inflation globale s’explique par une inflation alimentaire plus faible (passant de 1,8 % à 1,5 %) ainsi que par une légère baisse de l’inflation sous-jacente (c’est-à-dire hors énergie et alimentation, passant de 3,3 % à 3,2 %). Pour l’avenir, nous continuons de prévoir que l’inflation globale belge s’établira en moyenne à 3,2 % cette année, avant de se modérer à nouveau pour atteindre 2,1 % en 2027. D’une part, la baisse des prix à terme du pétrole et du gaz par rapport au mois dernier laisse présager une inflation des prix de l’énergie plus faible que prévu. D’autre part, nous constatons désormais que les effets indirects contribueront un peu plus à l’inflation sous-jacente au cours des prochains mois que prévu initialement. Les enquêtes sur les anticipations d’inflation suggèrent en effet une persistance des pressions sur les prix sous-jacents (voir figure BE4).