Belgique

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Perspectives économiques pour la Belgique 

Prévisions économiques avril 2022

L'estimation rapide de la croissance du PIB belge au premier trimestre 2022 est ressortie à 0,3%, légèrement supérieure à celle de la zone euro (0,2%). La valeur ajoutée a augmenté par rapport au trimestre précédent de 0,8 % et 0,5 % respectivement dans la construction et les services, tandis qu'elle a reculé de 0,8 % dans l'industrie manufacturière. Le ralentissement de la croissance en glissement trimestriel était attendu (notre estimation était de 0,2%) dans le contexte du début de la guerre en Ukraine au cours de la seconde moitié du trimestre. L'Institut des comptes nationaux a déclaré que le chiffre du premier trimestre est entouré d'une plus grande incertitude que ce n'est normalement le cas avec l'estimation rapide, en raison du manque de données administratives pour le mois de mars. Il convient donc d'être prudent dans l'interprétation des données du 1er trimestre car des révisions sont très probables.

Les données sur les composantes ne sont pas encore disponibles, mais la faible performance de l'industrie manufacturière suggère que les exportations pourraient avoir freiné la dynamique de croissance. Les indicateurs d'enquête vont également dans ce sens. Bien que l'indicateur général de conjoncture de la BNB se soit bien tenu au cours des premiers mois de l'année, l'évaluation du niveau des carnets de commandes s'est sensiblement détériorée à partir de février, contrairement à la zone euro. Il pourrait s'agir d'un premier signe d'une détérioration continue de la position concurrentielle de la Belgique. La combinaison d'une inflation relativement forte et de l'indexation des salaires menace en effet d'éroder la compétitivité-coût relative des entreprises belges, ce qui est déjà devenu visible dans les données d'enquête (graphique BE1). L'aspect positif est que le mécanisme d'indexation constitue un tampon pour atténuer l'impact négatif de l'inflation sur le pouvoir d'achat des ménages. Néanmoins, la croissance de la consommation a probablement ralenti au premier trimestre, car l'indexation ne compense pas entièrement la hausse des prix de l'énergie et intervient avec le décalage habituel.

Scénario inchangé

Après avoir fortement chuté en mars, la confiance des consommateurs s'est légèrement redressée en avril. La confiance des producteurs s'est également raffermie, regagnant le terrain perdu le mois précédent. La résilience du climat des affaires est très frappante compte tenu de la guerre de la Russie contre l'Ukraine, et est probablement liée à la dynamique toujours positive de la réouverture postpandémie, en particulier dans les services. Entre-temps, la détérioration du climat économique est également devenue visible sur le marché du travail, plusieurs indicateurs ayant déjà commencé à se retourner. C'est le cas, par exemple, de la quantité de travail intérimaire, de la dynamique en glissement annuel du nombre de demandeurs d'emploi et de la crainte des consommateurs d'une hausse du chômage (figure BE2).

Après la croissance encore positive du premier trimestre 2022, nous nous attendons à ce que le taux de croissance trimestriel du PIB réel belge retombe à -0,1% et 0,0% au deuxième et au troisième trimestre, respectivement, avant de se redresser à nouveau à 0,2% au quatrième trimestre. Le chiffre du T2 implique une légère révision à la baisse par rapport aux perspectives du mois précédent. Mais, en combinaison avec le chiffre légèrement meilleur que prévu du premier trimestre, cela laisse inchangée notre projection de croissance du PIB réel pour l'ensemble de l'année 2022, à 2,0 %, un chiffre qui est gonflé par un important effet de report à partir de 2021 (c'est-à-dire 1,8 point de pourcentage).

L'inflation IPC et IPCH s'est stabilisée en avril à 8,3 % et 9,3 % respectivement. L'inflation des prix de l'énergie a légèrement ralenti, mais la mauvaise nouvelle est que les hausses de prix se propagent plus largement aux autres biens et services. En avril, plus d'un tiers de tous les biens et services de l'IPC ont connu une inflation comprise entre 3 et 6 % et un quart une inflation supérieure à 6 % (figure BE3). Nous avons maintenu inchangé notre scénario pour l'inflation belge, ce qui signifie que le taux devrait diminuer dans le courant de l'année mais rester élevé, au-dessus de 7%, jusqu'à la fin de l'année. Pour l'ensemble de l'année 2022, l'inflation devrait atteindre une moyenne de 8,3 %. 

Comptes nationaux (croissance réelle en %)

  2021 2022 2023
Consommation privée 6,4 3,9 1,5
Consommation publique 4,4 4,6 1,5

Investissements en capital fixe

7,8 0,0 3,1

Investissements des entreprises

8,0 -1,2 3,6

Investissements publics

2,6 2,6 2,5
Investissements en construction 10,0 2,0 1,7
La demande intérieure finale (hors variation des stocks) 6,3 3,1 1,9
Variation des stocks (contribution à la croissance) -0,5 0,0 0,0
Exportations de biens et de services 9,6 5,0 4,6
Importations de biens et de services 9,1 6,2 5,5
       
Produit intérieur brut (PIB) 6,2 2,0 1,1
       
Revenu disponible des ménages 0,5 0,4 2,0
Taux d'épargne brut des ménages (en % des revenus disponibles) 16,0 13,3 13,7

Indicateurs d'équilibre

  2021 2022 2023
Inflation (hausse annuelle moyenne, en %)      

Prix à la consommation 

3,2 8,3 3,0

Indice santé

2,0 7,9 3,3
       
Marché du travail      

Emploi intérieur (variation en cours d’année, en ‘000)

109,0 25,0 35,0

Taux de chômage (fin d’année, définition Eurostat)

5,7 5,9 6,0
       
Finances publiques (en % du PIB, avec les politiques actuelles)      

Solde de financement

-5,5 -4,9 -4,7

Dette publique

108,2 107,7 109,8
       
Comptes nationaux (croissance réelle en %) -0,4 -2,5 -1,5
       
Prix des maisons (variation au cours de l’année, logements existants et nouveaux, en %) 7,1 4,5 2,5

Autres prévisions et mises à jour

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