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Pas de Brexit monétaire

Les marchés

Les nouveaux chiffres économiques mensuels ont été publiés cette semaine au Royaume-Uni. Depuis la mi-janvier, le cours EUR/GBP est bloqué dans une fourchette extrêmement étroite comprise entre 0,85 et 0,86. Nous étions donc curieux de voir si certaines données allaient donner une orientation plus claire.

Les données relatives aux prix ont légèrement dépassé les prévisions, alors que les données concernant l'activité et l'occupation n'ont guère convaincu. 67 000 emplois ont ainsi été supprimés en mars et le chiffre de février a été fortement revu à la baisse (de +20 000 à -18 000). Le taux de chômage  est passé de 4 % à 4,2 %. Malgré cette détente sur le marché du travail, la croissance des salaires ne montre  toujours quasiment aucun signe d'essoufflement (6 % en glissement annuel, hors bonus).Les ventes au détail (mars) affichent également une dynamique peu réjouissante (0,0 % en glissement mensuel, après 0,1 % en février). Le chiffre le plus important du point de vue monétaire était prévu pour mercredi, avec l’inflation du mois de mars. Des effets de base favorables ont fait évoluer l’inflation générale de 3,4 % à 3,2 % (en glissement annuel), soit tout de même un peu plus que prévu (3,1 %). En outre, la dynamique mensuelle de 0,6 % ne laisse que peu d'espoir d'un retour durable vers l'objectif de 2,0 %. L’inflation de base demeure, pour sa part, nettement plus élevée (4,2 %). Dans le secteur des services, la question est de savoir si l'on peut parler de « désinflation » (0,6 % en glissement mensuel et 6,0 % en glissement annuel, contre 6,1 %). En exagérant un peu, on pourrait plutôt évoquer quelque chose qui se rapproche de la stagflation. Pas simple pour la Banque d’Angleterre (BoE)...

Le président de la Boe, Andrew Bailey, a donné son interprétation mercredi. Pour ce dernier, il n'est pour le moment pas encore question d’un Brexit monétaire et/ou d’une entente atlantique. Il y a peu, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé que la BCE était « dépendante des données » et non « dépendante de la Fed ». Celle-ci pourrait ainsi abaisser ses taux avant la Fed vu que l’inflation européenne est beaucoup moins axée sur la demande qu’aux États-Unis et que l’inflation de l’offre continue de ralentir sur le vieux continent. Bailey s'est fait un plaisir de rependre cette analyse pour le compte du Royaume-Uni. Tout en admettant que la baisse de l’inflation était « déséquilibrée », il a aussi souligné que l’inflation générale pourrait retomber vers les 2 % le mois prochain, même si ce recul sera principalement lié à une dynamique favorable des prix (régulés) de l’énergie. Comme d'habitude avec la BoE, des voix dissonantes pourront encore se faire entendre, mais malgré ce manque d'unanimité, il faut tout de même admettre que la voix de Bailey a un poids supérieur à la moyenne.

Jusqu’à présent, les marchés monétaires tablent toujours, pour le Royaume-Uni, sur un scénario beaucoup plus proche de celui des États-Unis (premier abaissement de 25 pb de la BoE en septembre et seulement 75 % de probabilité d’une nouvelle intervention à la fin de cette année) que de celui pour l’Europe. Pour la BCE, le marché anticipe toujours 75 pb d'assouplissements pour cette année. Si l'on en croit ses récents commentaires, Bailey serait désormais plus proche du scénario de la BCE que du scénario de la Fed. Si le marché se repositionne progressivement en ce sens, cela constituera une mauvaise nouvelle pour la livre, surtout si l’inflation (sous-jacente) britannique reste élevée. L’expérience de ces derniers mois a montré qu’il y avait peu à gagner en anticipant une sortie de la fourchette entre 0,85 et 0,86 (EUR/GBP). Nous nous attendons toutefois à ce que cette rupture se fasse finalement plutôt à la hausse qu'à la baisse.
 

EUR/GBP : en attendant... 

Bron: Bloomberg

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Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

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