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Croissance bénéficiaire de 18,8% par an aux États-Unis

Les marchés

Suite à des chiffres meilleurs que prévu pour le T4, les actions poursuivent jusqu’à présent leur essor en 2024: le S&P500 a gagné 10% en devise locale, l’EuroStoxx600 a progressé de 7% et le Nikkei japonais a augmenté de 20%. Vous avez dit bulle d’IA? C’est possible, mais les analystes justifient aussi cette hausse en portant les prévisions de bénéfices à long terme à des niveaux record. Ainsi, la valorisation au niveau de l’indice a nettement moins progressé que l’indice en lui-même.

En 2023, les bénéfices des entreprises aux États-Unis ont progressé de 4,2% (estimation provisoire). C’est remarquable en soi, car début 2023, les experts prévoyaient encore une croissance nulle et une récession des bénéfices. Ce scénario n’est même plus d’actualité pour 2024: au contraire, les bénéfices d’exploitation des titres du S&P500 pourraient augmenter de 9,5%, voire 25% pour les valeurs du Nasdaq. En revanche, l’EuroStoxx600 n’a pas réalisé la croissance bénéficiaire escomptée de 2% en 2023 et s’est même contracté d’autant. Pour 2024, le compteur est passé de 7,5% à 4%, notamment parce que les sociétés allemandes risquent une croissance nulle (plutôt qu’une expansion de 11,1%).

FactSet a analysé un horizon à plus long terme pour avoir une idée de la croissance bénéficiaire attendue dans les trois à cinq ans à venir.

Pour l’Europe, une croissance bénéficiaire moyenne de 6% jusqu’en 2026 est un objectif réaliste. Le S&P500 pourrait faire état d’une croissance annuelle de 18,8%, soit 9 points de pourcentage de plus que fin 2023. C’est pratiquement la croissance la plus forte depuis 1985, et bien plus que la moyenne à long terme de 12,5%. Quand on sait que le dernier rebond de la croissance a commencé après le coronavirus, on mesure mieux l’intensité de ce rythme de 18,8%.

Une croissance des bénéfices composés de 18,8% n’est-elle pas le signe manifeste qu’une bulle d’IA est en train de se former? Pourtant, dans le scénario d’un atterrissage économique en douceur suivi d’une relance, ces prévisions bénéficiaires ne sont pas déconnectées de la réalité. L’économie américaine a d’ores et déjà prouvé sa résilience en 2023, grâce à la pénurie sur le marché du travail d’une part et des dépenses de consommation généralement saines d’autre part.

De même, la croissance bénéficiaire impressionnante des ‘Magnificent Seven’ qui se poursuivrait jusqu’en 2026 contribue grandement à ce chiffre de 18,8%: en 2023, elle a atteint 43,1%, laissant loin derrière la croissance de 4,2% de l’ensemble de l’indice S&P500. Si l’on exclut les Mag-7, la croissance bénéficiaire du ‘S&P493’ n’est plus que de -1,2%.

Écosystèmes et modèles asset-light

Alors que la croissance bénéficiaire des Mag-7 ne semble pas près de ralentir dans les années à venir, les autres entreprises américaines ont encore du travail pour se rattraper. La croissance bénéficiaire annuelle attendue de 18,8% explique donc en grande partie l’évolution du cours du S&P500, bien plus que des multiples de valorisation plus élevés.

En Europe, c’est l’inverse: les entreprises ont connu une croissance plus lente et maintiendront ce rythme jusqu’au bout de ces ‘Roaring 20s’. Avec une croissance économique modérée et un moteur d’IA plus modeste, nous risquons de connaître ‘des valorisations plus faibles pendant plus longtemps’. Sur le plan opérationnel, les entreprises européennes ont clairement besoin d’écosystèmes et du potentiel d’accélération associé, tout en ayant un retard à rattraper dans la constitution de modèles commerciaux dits ‘asset-light’.

Bron: Bloomberg

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