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Le marché des taux doute des banquiers centraux

Les marchés

Les premières ondes de choc suite à la faillite des banques régionales américaines Silicon Valley Bank et Signature Bank sont derrière nous. Dans les jours à venir, nous nous attendons à davantage de volatilité. Credit Suisse, une perpétuelle source de préoccupation en temps normal, soulève notamment des inquiétudes. Pourtant, les dégâts généraux demeurent limités. Les problèmes portent sur des cas ‘isolés’ qui ne représentent pas de risque systémique, bien que d’autres banques régionales américaines restent à surveiller. Les mesures prises par les pouvoirs publics et la Fed ont contribué à éviter une crise de confiance. D’ici le 1er mai, ces mêmes instances veulent avoir dressé le tableau des risques financiers des banques avec un actif inférieur à 250 milliards de dollars, qui échappent depuis quelques années aux ‘stress tests’ les plus rigoureux. Les résultats tomberont juste à temps pour la réunion de la Fed du 3 mai.

Pour un point des marchés, nous prenons comme base de référence les cours de clôture de mercredi dernier. Les taux américains affichent à présent une baisse de 80 points de base sur une durée de 2 ans (4,25%) et de 40 points de base sur une durée de 10 ans (3,6%), des remontées respectives de 45 pb et 20 pb par rapport aux planchers du début de cette semaine. Par rapport à mercredi, les taux swap européens enregistrent une baisse de 40 pb sur une durée de 2 ans (3,5%) et de moins de 20 pb sur une durée de 10 ans (3%), soit des reprises respectives de 25 pb et 15 pb par rapport aux nadirs d’hier. Il n’est pas davantage question d’une crise sur les bourses et le marché des changes. Hier, le Nasdaq a terminé la séance à moins de 1% en dessous du cours de clôture de mercredi dernier. Le cours EUR/USD a quitté ses planchers de l’année autour de 1,0550 pour remonter à 1,07.

Sur le marché des taux, des doutes quant à l’approche des banquiers centraux s’étaient déjà manifestés en automne dernier et en janvier. Si les banques centrales ont eu du mal à abandonner le concept d’une inflation temporairement élevée, il s’avère maintenant tout aussi difficile pour une partie du marché de renoncer au concept de taux (directeurs) temporairement élevés. Les 15 dernières années de stimulus monétaire à tout va pour étouffer dans l’œuf le moindre signe de problème restent bien présentes dans la mémoire collective. Mais les marchés oublient trop facilement le contexte d’une inflation ultra-basse; les taux d’inflation américains publiés hier (0,5% en glissement mensuel et 5,5% en glissement annuel pour l’inflation de base sous-jacente) n’ont fait que souligner le changement d’époque. À moins que nous soyons effectivement à la veille de la prochaine crise financière, le travail des banquiers centraux n’est pas terminé. Nous pouvons ainsi nous attendre à un relèvement des taux d’intérêt de 50 pb par la BCE demain et de 25 pb par la Fed la semaine prochaine. Les deux institutions renverront aux derniers développements pour éviter de formuler des orientations fortes pour les réunions de mai et de juin. Toutes choses égales par ailleurs, d’autres relèvements seront encore à l’ordre du jour. Dans un tel contexte, les marchés des taux devraient adopter une logique réactive plutôt que proactive. Quoi qu’il en soit, les prévisions de taux (directeur) fondées sur les taux du marché monétaire nous paraissent à nouveau trop conservatrices. Les marchés tablent actuellement sur un pic légèrement inférieur à 5% (États-Unis) et 3,5% (Europe). L’angoisse, mauvaise conseillère?

Mathias Van der Jeugt, salle des marchés KBC

Prévisions des taux directeurs de la BCE: forte baisse injustifiée (?)

Bron: Bloomberg

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Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

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