Biden signe une loi historique sur le climat

Les marchés

C'est fait ! Le 16 août, le président américain Joe Biden a signé l'Inflation Reduction Act (IRA), la plus vaste loi climatique de l'histoire des États-Unis. Cette loi constitue vraisemblablement le plus grand succès législatif du président Biden et lui donne un coup de pouce important à la veille des élections de mi-mandat prévues en novembre.

Un coup de pouce pour le climat

Le texte qui vient d'être promulgué constitue enfin une bonne nouvelle pour notre climat tellement mal en point. Grâce à cet accord, les émissions américaines devraient diminuer de 8 % supplémentaires d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2005. Pour atteindre cet objectif, la nouvelle loi manie davantage la carotte que le bâton. Seules les émissions de méthane provenant des activités pétrolières et gazières feront l'objet d'une redevance de 1 600 dollars par tonne à partir de 2026. En outre, les réductions d'émissions seront réalisées principalement grâce à un ensemble d'avantages fiscaux et de subventions en faveur des technologies vertes telles que les voitures électriques, la technologie de l'hydrogène, les carburants verts, les énergies renouvelables et le captage du carbone. La loi aidera également à rendre des secteurs comme ceux de l'agriculture, du ciment et de l'acier plus durables.

Impact sur l'inflation ?

À côté des mesures environnementales, la loi prévoit aussi de nombreuses mesures économiques. Un nouvel impôt minimal de 15 % sera ainsi prélevé sur les revenus comptables des entreprises dont le bénéfice dépasse le milliard de dollars. Le texte prévoit aussi une taxe d'accise sur les rachats d'actions et un important renforcement des moyens de l'administration fiscale. La loi permettra également aux pouvoirs publics de (re)négocier les prix des médicaments, ce qui devrait leur permettre d’économiser pas moins de 288 milliards de dollars, selon le Congressional Budget Office. Par ailleurs, 64 milliards de dollars supplémentaires seront investis dans les soins de santé. L'ensemble de ces mesures devrait permettrait de réduire la dette publique d'environ 306 milliards de dollars.

Reste à voir si l' Inflation Reduction Act sera à la hauteur de son nom. D'après le CBO, la loi ne commencera à peser sur l'inflation qu'à partir de 2024, principalement grâce à la réduction des déficits publics. À court terme, elle n'aura donc aucun impact sur l'inflation galopante aux États-Unis (8,5 % en juillet).

Retour des démocrates en novembre

La ratification de l'Inflation Reduction Act constitue néanmoins une belle victoire pour le président Biden et son parti démocrate en vue des élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre. Le vent tourne en faveur des démocrates depuis quelques semaines. En juillet, les sondages donnaient encore une avance moyenne de 2% au parti républicain. Aujourd'hui, les démocrates affichent une avance de 0,5 %. Si la plupart des analystes politiques prévoient toujours une victoire des républicains au Congrès, une victoire démocrate fait désormais aussi partie des possibilités. Au Sénat aussi, les démocrates ont de bonnes cartes à jouer. Il est en effet possible qu’ils puissent étendre leur majorité (voir figure). Si les démocrates réussissent à maintenir leur majorité au Congrès et à l'élargir au Sénat, cela ouvrira la voie à d'autres succès législatifs importants pour Biden. Et cela pourrait l'aider dans sa lutte pour sa réélection en 2024.

Laurent Convent, Economist KBC Group

Nombre de sénateurs démocrates (probabilité en %)

Bron: Bloomberg

Disclaimer:

Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

Publications liées

De l'intérêt de laisser des portes ouvertes...

De l'intérêt de laisser des portes ouvertes...

Intervention d'urgence de la Banque

Intervention d'urgence de la Banque

La banque centrale japonaise continue à faire bande à part

La banque centrale japonaise continue à faire bande à part

Un bilan intermédiaire

Un bilan intermédiaire