759266437
759266437

Une semaine attendue avec impatience…

Les marchés

Après une semaine sans nouvelles majeures où les transactions ont principalement reposé sur les commandes, une série de statistiques économiques capitales et de décisions importantes de la part des trois grandes banques centrales nous attendent.

Commençons par les chiffres. Aux États-Unis, les statistiques traditionnelles du début du mois vont être publiées cette semaine: la confiance des entrepreneurs ISM (industrie manufacturière mercredi, services vendredi) et bien sûr, les payrolls le vendredi. Le mois dernier, les signaux étaient contradictoires. Après l’industrie manufacturière, l’indicateur du secteur des services était lui aussi contre toute attente passé sous la barre des 50 points. Théoriquement, cela laisse présager une croissance négative aux États-Unis, même si le plongeon du secteur des services était peut-être une réaction extrême. Car d’autre part, le marché du travail reste (très) robuste. L’emploi est certes une variable ‘retardée’ dans le cycle économique, mais pour la Fed, la pénurie sur le marché du travail reste un élément crucial pour apprécier l’évolution de l’inflation, vu les risques inhérents d’accélération de la hausse salariale. L’on s’attend à nouveau à une croissance de près de 200.000 emplois. Mais c’est un peu le problème de la poule ou de l’œuf: le ralentissement de la croissance entraînera-t-il une baisse de l’emploi ou le marché du travail continuera-t-il à soutenir la demande intérieure?

De son côté, avant de prendre sa décision relative aux taux jeudi, la BCE recevra encore deux derniers messages du terrain sous la forme du PIB de l’UEM pour le quatrième trimestre (demain) et du taux d’inflation de janvier (mercredi). On peut dire qu’après les chiffres publiés ce matin en Allemagne (-0,2% en glissement trimestriel), une contraction de la croissance semble difficile à éviter. Jusqu’à présent, malgré la baisse des prix de l’énergie, le refroidissement de l’inflation est d’une lenteur exaspérante. Une première estimation de l’inflation en Espagne pour le mois de janvier (5,8% en moyenne et de base) s’avère nettement plus élevée que prévu, ce qui illustre bien que rien n’est encore joué. Les chiffres de janvier pour la zone euro seront publiés mercredi. Mais quoi qu’il en soit, la BCE n’a pas vraiment de raisons de revoir son approche de décembre. Sa crédibilité retrouvée (le marché s’attend de la part de la BCE à un sommet entre 3,25% et 3,5%) l’a aidée dans sa campagne anti-inflation.

À cet égard, les procès-verbaux de la réunion précédente indiquent que la BCE ne se réjouit guère des conditions de marché plus souples dues à la baisse des taux à long terme, au resserrement des spreads de crédit et à la hausse des marchés. Il est vrai que l’appréciation de l’euro lui a donné un coup de pouce. En résumé: un pas de 50 points de base cette semaine, avec une solide avance sur une étape similaire en mars, serait un minimum. C’était inimaginable il y a à peine six mois, mais actuellement, la Fed a (encore) plus de mal à diriger le marché que la BCE. Vu le ralentissement de l’inflation et les chiffres d’activité moins exubérants, les investisseurs ont conclu que la Fed ne pourrait/devrait pas relever les taux au-delà de 5% et surtout, qu’elle les abaisserait dès le second semestre. La Fed conteste ce dernier point à l’unanimité. En outre, le marché a la conviction que la Fed ralentira le rythme des relèvements des taux d’intérêt de 50 à 25 pb mercredi. Une hypothèse compréhensible, vu la communication récente de la Fed: continuer à ralentir tout en persuadant le marché que le terminus est toujours fixé à 5%+ représente un défi de taille pour le président Powell. Comment faire? La façon la plus directe d’aligner les marchés sur le scénario de la Fed tout en endiguant l’assouplissement malvenu des conditions monétaires serait sans doute de franchir une dernière étape surprise de 50 pb. Ce seraient donc 25 points de base mercredi soir, à moins que…

Taux américain à 10 ans: la Fed fera-t-elle changer le marché d’avis?

Bron: Bloomberg

Disclaimer:

Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

Publications liées

Quid des réserves de change russes gelées ?

Quid des réserves de change russes gelées ?

Inflation : verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Inflation : verre à moitié plein ou à moitié vide ?

La MNB joue gros jeu

La MNB joue gros jeu

La Fed de nouveau à la baguette

La Fed de nouveau à la baguette