La CNB à la vitesse supérieure ?

Les marchés

Ceux qui ont récemment visité le site Internet de la banque centrale tchèque (CNB) les ont certainement déjà vues : les infographies. Les banquiers centraux ont récemment découvert ces illustrations visuelles populaires et nous ne pouvons que nous en réjouir. Ces images montrent de manière très simple la situation au niveau de l'inflation, des taux directeurs et des prévisions. À la CNB, c’est surtout l'infographie sur l'inflation qui retient l’attention. L’illustration ci-contre montre clairement que l’évolution des prix s’enfonce de plus en plus en zone rouge.

En août, l’inflation tchèque a de nouveau augmenté plus rapidement que prévu. Avec un taux de 4,1 % en glissement annuel (3,6 % en juillet), le niveau général des prix a grimpé à un rythme inédit depuis 2008. Pour rappel, l’objectif de la CNB est fixé à 2 %, avec une marge autorisée de 1 % dans les deux sens. L’indicateur d’inflation (de base) favori de la CNB (corrigé des effets fiscaux) est passé de 3,2 % à 3,9 %. Il y a bien plus que les effets de base purement statistiques qui sont à l'œuvre ici : l’inflation générale s’élevait déjà à 3,2 % à la même période l’année dernière. Une solide dynamique mensuelle a également été observée (0,7 % en glissement mensuel). Dans son commentaire, la CNB évoque une recrudescence de la demande (intérieure) suite à la levée des restrictions liées au Covid. La banque s’attend à ce que ces effets perdurent encore un certain temps. Dans l’intervalle, les salaires sont aussi repartis fortement à la hausse en Tchéquie. Au deuxième trimestre de cette année, la croissance salariale réelle a atteint 8,2 % en glissement annuel. La CNB s’attend à ce que la combinaison d’une forte demande et d’une pression salariale croissante stimule encore davantage l’inflation (des services). Dans son rapport détaillé du mois d’août, la CNB estimait par conséquent que l’inflation allait dépasser l’objectif au second semestre, mais considérait aussi qu’une normalisation progressive du taux directeur suffirait à renouer avec un taux proche de 2 % en fin 2022. Mais au vu des chiffres encore très solides d'août, Prague se demande ouvertement s’il ne faudrait pas passer à la vitesse supérieure.

L’idée n’est certainement pas nouvelle.Il y a peu, le gouverneur, Jiří Rusnok, n'a, par exemple, pas caché qu'il préférerait un rehaussement de taux de 50 points de base plutôt que les 25 habituels. Le marché a entendu le message et a progressivement commencé à anticiper ce scénario. C'est l'une des raisons principales de la vigueur exceptionnelle de la couronne tchèque depuis quelques semaines, malgré un contexte un peu plus fragile. Les chiffres de vendredi dernier renforcent considérablement le camp des faucons. Depuis, le marché monétaire tchèque table au moins sur un relèvement d'une telle ampleur, en plus des deux autres resserrements ordinaires attendus lors des trois dernières réunions de la CNB de cette année. La couronne en a profité : le cours EUR/CZK a reculé en direction de 25,2-25,3. Il s’agit d’une importante zone de support technique. En cas de rupture sous ce seuil, la paire de devises n’aura plus qu’un cap intermédiaire, autour de 25,1, avant un retour au plus bas de 2020 (24,77). Dans notre scénario, cela aura encore lieu au premier semestre de 2022.
 

EUR/CZK : la rupture en dessous de 25,3 est une question de temps.

Bron: Bloomberg

Disclaimer:

Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

Publications liées

La MNB desserre les mâchoires, mais ne lâche pas prise

La MNB desserre les mâchoires, mais ne lâche pas prise

Augmentation du risque de surévaluation de l’immobilier européen

Augmentation du risque de surévaluation de l’immobilier européen

Sommes-nous prêts pour un monde “sans” soutien?

Sommes-nous prêts pour un monde “sans” soutien?

La formation d'une coalition s'annonce difficile en Allemagne

La formation d'une coalition s'annonce difficile en Allemagne
Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.