La santé de fer des PMI, le silence de la BCE

Les marchés

À l’approche du dernier mois du troisième trimestre, l’économie européenne se maintient à un excellent niveau. Pour août, les indicateurs PMI publiés par le bureau d’étude Markit n’enregistrent qu’un léger recul par rapport aux niveaux historiquement élevés du mois de juillet. L’indicateur global cote à 59,5, contre 60,2 il y a un mois, le plus haut point jamais atteint en 15 ans. Il est en passe d’atteindre la moyenne la plus élevée en 21 ans pour le troisième trimestre. Au niveau sectoriel, la production du secteur des services (quasi stable à 59,7) a connu une croissance supérieure à celle de l’industrie manufacturière (à 59,2) pour la première fois depuis le début de la reprise. Il s’agit là d’une conséquence directe des tensions persistantes au niveau des chaînes de distribution, comme les entreprises automobiles domestiques et étrangères en ont récemment attesté. Le succès des campagnes de vaccination et l’assouplissement des mesures sanitaires entraînent cependant un dynamisme presque sans précédent de la demande de biens, de services et de personnel. Par conséquent, la pression haussière sur les prix se maintient. Il ne s’agit pas seulement de l’inflation du côté de l’offre (perturbation des chaînes de production), parfois exagérément qualifiée de temporaire. Markit s’inquiète ainsi de la nature de la poussée inflationniste, car la pénurie sur le marché de l’emploi entraîne une hausse des salaires.

Ce qui nous amène à la BCE. Ces dernières semaines, nous avons beaucoup entendu parler des analyses de la Fed, de Jackson Hole et du dollar. En revanche, le silence plane sur la politique préconisée par Lagarde et son entourage. Avec une réunion de politique potentiellement importante en vue le 9 septembre, ce calme plat nous paraît injustifié. Selon différents critères, dont les PMI publiés hier, l’économie européenne est en très bonne forme. Le taux de chômage est retombé à 7,7%, proche du creux pré-pandémique de 7,4%. L’inflation est montée à plus de 2% et ne devrait pas redescendre dans l’immédiat, d’autant plus que la pression salariale prendra bientôt le relais de l’inflation par les coûts (qu’elle soit temporaire ou non).

Tout porte à croire que la BCE reverra une nouvelle fois à la hausse ses prévisions au mois de septembre. Ce qui soulève d’emblée la question: quid du PEPP? Depuis le temps de son ancien président Draghi, la BCE s’est bâti une solide réputation de “colombe monétaire”. Mais nous en sommes venus au point où le déni devient difficile, pour ne pas dire peu crédible. Au niveau du calendrier, il devient impératif d’au moins évoquer la perspective d’un recalibrage. Officiellement, le programme de rachat d’actifs mis en place lors de la pandémie se poursuivra jusqu’en mars 2022. En théorie, la BCE pourrait donc encore attendre jusqu’à mi-décembre pour définir les lignes directrices; mais ce serait moins judicieux de sa part (volumes d’échange plus limités, etc.).

Les marchés peuvent dès lors s’attendre à passer quelques semaines intéressantes. Focalisés sur la FED, les investisseurs en oublient la BCE. C’est au point qu’à l’heure actuelle, ils ne tiennent absolument pas compte du fait que la BCE pourrait faire ne serait-ce qu’un premier pas vers la normalisation. Le taux nominal allemand à 10 ans ne dévie pas de la zone de support de -0,5%. La composante réelle, qui dépend notamment de la politique monétaire future, est même tombée à -2% ces dernières semaines! Sur le marché des changes, l’euro continue d’avoir systématiquement le dessous par rapport au dollar. La paire EUR/USD reste proche d’une zone de support clé autour de 1,17. À court terme, le billet vert maintiendra probablement son avantage. Mais le 9 septembre approche à grands pas: un investisseur averti…

Taux réels (orange) et nominaux (noir) allemands à 10 ans: le marché ne tient pas compte d’une normalisation potentielle de la BCE

Bron: Bloomberg

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Ce document a été préparé par le desk KBC – Economic Markets et n'a pas été rédigé par le département Research.  Le desk est composé de Mathias Van der Jeugt, Peter Wuyts en Mathias Janssens, analysts  à KBC Bank N.V., entreprise réglementée par l'Autorité des marchés et des services financiers (FSMA). Ces recommandations de marché sont le résultat d'une analyse qualitative, dans laquelle il y a place pour l'expérience passée et les évaluations personnelles. Les avis sont basés sur les conditions actuelles du marché et peuvent être modifiés à tout moment. Les contributions les plus importantes proviennent de données accessibles au public, de nouvelles financières, de la politique économique et monétaire et d'analyses techniques actuelles. Le desk desk KBC – Economic Markets a fait des efforts raisonnables pour obtenir ces informations de sources qu'il considère comme fiables, mais le contenu de ce document a été préparé sans faire une analyse substantielle de ces sources. Aucune évaluation n'a été faite pour déterminer si ces informations sont appropriées ou non pour un investisseur particulier. Les avis sont nos avis actuels à la date indiquée sur ce document et peuvent différer des recommandations précédentes en raison de l'évolution des conditions du marché. Les auteurs ne garantissent pas l'exactitude, l'exhaustivité ou la valeur (commerciale ou autre) de ce document. De même, les auteurs ne sont pas responsables envers quiconque reçoit ce résumé de toute perte ou dommage (qu'il s'agisse d'un délit (y compris la négligence), d'une rupture de contrat, d'une violation de la loi ou d'autres obligations) résultant d'un acte ou d'une omission sur la base de ce contenu, ou de toute réclamation contre les auteurs concernant le contenu ou les informations contenues dans ce document. Toutes les opinions exprimées dans le présent document reflètent le jugement au moment de la préparation de l'examen et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. Étant donné la nature de cet avis (lié à la monnaie et aux taux d'intérêt), il n'est généralement pas de nature spécifique.   Il n'y a donc aucune référence à un quelconque contrat de financement d'entreprise et il n'y a donc pas de vue d'ensemble sur 12 mois basée sur les différents avis. Ce document n'est valable que pour une période très limitée, en raison de l'évolution rapide des conditions du marché.

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