Incertitude sur tous les fronts

Les marchés

Le Brexit n'aime pas les échéances. Le 15 octobre, nous allions être définitivement fixés. Toute la clarté allait être faite sur les sujets brûlants tels que les aides d'État et la pêche lors du sommet européen d'hier. En cas de réels progrès, on allait enfin pouvoir se retrousser les manches et régler rapidement tous les détails pratiques. En l'absence d'avancée sérieuse, le premier ministre britannique Boris Johnson allait en revanche siffler la fin de la partie. La date butoir a donc été franchie cette nuit et, comme on pouvait s'y attendre, il ne s'est rien passé. Les deux parties continuent de se jeter la pierre. Le négociateur britannique, David Frost, estime que l'UE parle surtout de concessions de la part du Royaume-Uni dans sa communication d'hier. L'UE, quant à elle, dit vouloir poursuivre les discussions, mais celles-ci porteront toujours sur les principes sur lesquels Johnson souhaitait déjà des éclaircissements. Pour compliquer encore un peu l'affaire, Angela Merkel a déclaré que tout le monde devait mettre de l'eau dans son vin (et donc aussi en Europe). Le président Macron n'entend, quant à lui, rien céder sur la question politiquement délicate des droits de pêche.

C'est sur fond de ces signaux contradictoires et autres coups de bluff que Boris Johnson va décider s'il met un terme aux négociations. Mais même cette décision ne sera rien de plus qu'une nouvelle étape dans la partie de poker politique actuellement en cours. Nous le répétons donc une nouvelle fois: cela reste un risque politique binaire. Le cours EUR/GBP suggère que le marché ne craint pas vraiment de voir les choses mal tourner. À 0,9050, la livre s'est déjà nettement appréciée par rapport à début septembre (0,93). En termes de positionnement de marché, nous observons donc toujours un risque négatif asymétrique pour la livre. Si Johnson s'en va (une décision sur laquelle il pourra encore revenir plus tard), la nervosité risque de monter d'un cran. S'il décide de poursuivre les négociations, cela pourrait donner un peu d'air à la monnaie britannique. Mais les deux parties parviendront-elles à sortir de la guerre de positions à laquelle nous assistons actuellement? Nous restons prudents à l'égard de la livre. Nous en saurons peut-être davantage lundi...

Quelques mots sur le sentiment général du marché. Ce sont surtout sur les marchés européens qui ont souffert hier. Le rebond de l'épidémie et les mesures restrictives n'augurent rien de bon pour le quatrième trimestre et peut-être encore les mois qui suivent. En outre, il est difficile de savoir exactement de combien de munitions les autorités (tant budgétaires que monétaires) disposent encore pour contrer cette nouvelle poussée de fièvre. L'inquiétude est palpable sur les bourses européennes, mais aussi sur les marchés des taux. Les taux se sont à nouveau fortement repliés et les courbes se sont aplaties. Le taux allemand à 10 ans menace de retomber sous l'important niveau de -0,60%. Le marché est-il de nouveau tourné vers les banques centrales dans l'espoir d'une aide supplémentaire, même si celles-ci ont déjà utilisé  beaucoup de leurs jokers?

Les marchés américains ont un peu mieux résisté hier et ont pu limiter les pertes. Selon nous, les marchés continuent de surveiller les débats autour du plan de relance budgétaire. Ces négociations/discussions commencent peu à peu à ressembler à celles sur le Brexit. En particulier parce qu'elles s'éternisent. Nous partons du principe qu'aucune solution ne sera trouvée avant les élections. Les marchés US sont probablement déjà tombés dans une sorte de no man's land en attendant les élections du 3 novembre et ce climat d'incertitude est encore accentué par la flambée des cas de coronavirus observée dans le pays. Au cours des dix prochains jours, nous pouvons nous attendre à une très forte volatilité sur les marchés, comme cela a été le cas hier. Dans quelle mesure le dollar pourra-t-il profiter de l'aversion pour le risque si l'une des principales sources d'incertitude se trouve aussi aux États-Unis? Nous considérons 1,1612 comme un niveau de support relativement solide pour le cours EUR/USD.

Figuur - EUR/GBP: de quel côté tombera le domino (s'il tombe)?    

Bron: Bloomberg

Disclaimer:

This publication contains short term financial and economic market commentary and can therefore not be regarded as investment research. This publication cannot be regarded as an investment recommendation nor does it propose any investment strategy whatsoever. The information constitutes a minor non-economic benefit which is made available to the public free of charge.
No part of this publication may be republished or rewritten in any form or by any means. KBC Bank NV has used its best efforts to rely on trustworthy sources in preparing this publication. No representations or warranties are made with respect to the accuracy or completeness of the contents of this publication. KBC Bank NV does not guarantee that the neither the proposed scenarios, risks and prognosis accurately reflect market expectations nor that they will materialize.
Neither KBC Bank NV nor any other member company of the KBC group (or one of its authorized persons) shall be liable for damages resulting from accessing, consulting or using the information in this publication.
KBC Bank NV is a credit institution incorporated under Belgian law and operating under the prudential oversight of the European Central Bank (ECB, Sonnemannstrasse 22, 60314 Frankfurt am Main, Germany). In day-to-day practice, European Central Bank exercises its oversight by means of a 'joint supervisory team', whose members include staff of the National Bank of Belgium (NBB, de Berlaimontlaan 14, 1000 Brussel, www.nbb.be).
KBC Bank NV is also under supervision by the Financial Services and Markets Authority as regards oversight of codes of conduct and the financial markets (Congresstraat 12-14, 1000 Brussel, www.fsma.be).
KBC Bank NV is a member of the KBC group. The website at www.kbc.com contains detailed information on the KBC group.

Publications liées

La lire turque tombe dans un puits sans fond

La lire turque tombe dans un puits sans fond

Une mission difficile pour la BCE

Une mission difficile pour la BCE

Une semaine de doute…?

Une semaine de doute…?

L'industrie allemande masque une réalité morose

L'industrie allemande masque une réalité morose
Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.